Dimitri Baboo incarne cette nouvelle génération de skippers mauriciens qui conjugue tradition maritime et modernité numérique. À bord du « Fishing Master », le bateau légué par son grand-père, il vient de décrocher une prise qui ferait pâlir d'envie les pêcheurs les plus aguerris : un marlin bleu de 810 livres, sorti des eaux mauriciennes après un combat épique par un de ses clients.
L'histoire commence comme un conte maritime. « Quand mon grand-père est tombé malade, il m'a donné le bateau. Je n’avais que 18 ans », raconte Dimitri avec l'assurance tranquille de ceux qui savent où ils vont. Un an plus tard, à 19 ans à peine, il obtient sa licence de skipper. À 21 ans, il décroche les certifications internationales et les 24.000 nautiques qui font de lui un professionnel accompli.
Mais ce qui distingue véritablement ce jeune skipper, qui va fêter ses 38 ans dans quelques jours, c'est son audace commerciale. Là où d'autres se contentent de proposer leurs services, Dimitri n'hésite pas à miser sur son talent. Face à un client déçu par deux journées infructueuses avec d'autres prestataires et pressé de capturer son marlin, le jeune homme propose un pari digne des romans d'aventure : « Si on tape un marlin, tu me payes le double du prix pour la journée. Si on n'a pas de marlin, tu ne me payes pas. » Le client accepte. Le marché est conclu.
Cette confiance en ses capacités ne relève pas de l'arrogance juvénile, mais d'une connaissance intime des eaux mauriciennes et d'une stratégie marketing résolument moderne. « Principalement, je travaille sur Facebook, Instagram, j'ai des contrats avec des hôtels », explique-t-il, révélant ainsi les ressorts d'une réussite qui doit autant à son expertise maritime qu'à sa présence sur les réseaux sociaux.
Le succès de Dimitri – qui est secondé par Kemish Herry depuis toujours et utilise des moteurs Yamaha pour plus de fiabilité - repose également sur une philosophie du service qui transcende la simple prestation. « J'ai pas mal de clients qui m'ont invité chez eux parce qu'ils ont pêché pas mal d'endroits », confie-t-il avec une fierté légitime. Cette fidélisation témoigne d'une qualité de service qui transforme une sortie de pêche en expérience mémorable, créant des liens qui perdurent bien au-delà des eaux mauriciennes.
Dimitri a déjà remporté à six reprises des compétitions de pêche au gros à l’île Maurice, dont la SIOBC, ce qui fait de lui une valeur sûre dans la discipline.
Le marlin de 810 livres ne représente donc pas seulement une prise exceptionnelle. Il symbolise la réussite d'un jeune entrepreneur qui a su transformer l'héritage familial en entreprise prospère, alliant respect de la tradition et maîtrise des outils contemporains. À une époque où le tourisme mauricien cherche à se diversifier et à proposer des expériences authentiques, Dimitri Baboo incarne cette génération qui écrit un nouveau chapitre de l'histoire maritime de l'île.