Un repositionnement dicté par l'évolution des attentes
Les habitudes des voyageurs ont changé depuis la pandémie, et la concurrence régionale aussi. C'est le constat de départ de Dinesh Burrenchobay, qui veut comprendre comment Maurice est perçue aujourd'hui avant de se positionner pour la décennie à venir. L'enjeu dépasse la simple communication : il s'agit de revoir l'écosystème touristique dans son ensemble, tout en préservant le positionnement premium de la destination. Le « storytelling » mauricien devra désormais intégrer Chinatown, Grand Bassin, le trekking dans les hauteurs de l'île ou les concerts locaux, autant de facettes restées jusqu'ici en retrait derrière l'image de plage et de lagon turquoise. Le ciblage cette année se précise aussi du côté du segment MICE, longtemps resté en retrait, tandis que le tourisme culturel et sportif gagne en priorité — Maurice conservant par ailleurs sa réputation établie auprès des voyages de noces et des séjours intergénérationnels.
La France toujours en tête, le tourisme régénératif comme cap
Sur les cinq premiers mois de 2026, les arrivées françaises s'établissent à 138 543, contre 136 456 sur la même période en 2025 — une progression mesurée mais réelle, malgré les tensions au Moyen-Orient et le contexte économique européen. Dinesh Burrenchobay veut aller plus loin que la neutralité environnementale et défend un tourisme où le visiteur quitte l'île en l'ayant laissée dans un meilleur état qu'à son arrivée.
Côté connectivité, Air Mauritius a ajouté six vols supplémentaires depuis Paris lorsque le hub de Dubaï a été fragilisé par le conflit dans le Golfe, et le réseau aérien continue de s'étoffer avec Istanbul, Addis-Abeba et bientôt Le Cap. Le gouvernement a par ailleurs annoncé, dans le cadre du budget national, la mise en place de visas électroniques et de portiques automatisés à l'aéroport, accompagnée d'une refonte de l'École hôtelière de Maurice.
Quelques mots de Dinesh Burrenchobay résument l'esprit de cette interview. Sur la nécessité de réforme : « Notre modèle touristique doit être revu et repensé en profondeur. » Sur le positionnement à conserver : « Maurice restera une destination premium. » Sur la richesse de l'intérieur de l'île : « Notre île n'est pas un simple banc de sable. » Et sur l'expérience recherchée par les visiteurs : « Une destination où l'on se déconnecte vraiment du quotidien. »