Le jour où l'île reçut son nom
C'est le 20 septembre 1598 qu'une escadre hollandaise commandée par l'amiral Wybrand van Warwijck, déroutée par le mauvais temps lors d'une expédition vers les Indes orientales, aperçoit l'île et jette l'ancre dans une large baie du sud-est. Les marins, impressionnés par ce mouillage abrité des alizés et par l'abondance d'eau douce, baptisent l'endroit qui deviendra Grand Port, et l'île elle-même « Mauritius », en l'honneur de Maurice de Nassau, stathouder des Provinces-Unies. Les Hollandais ne s'y installeront durablement que plus tard, et l'abandonneront en 1710 — mais le nom, lui, restera.

Par une coïncidence de calendrier que les historiens locaux aiment rappeler, c'est exactement cent dix-sept ans plus tard, le 20 septembre 1715, que les Français débarquent à leur tour et prennent possession de l'île, déjà installés depuis peu à Bourbon (aujourd'hui La Réunion). Elle devient l'Isle de France pour près d'un siècle, avant que les Britanniques ne la reprennent aux Français en 1810 et ne lui rendent officiellement son nom hollandais, entériné par le traité de Paris en 1814. Deux prises de possession, un même jour du calendrier — le fil complet de cette histoire, de la bataille du Vieux Grand Port à l'abolition de l'esclavage, est résumé dans la frise ci-dessus.
Père Laval, la fête qui a dépassé la religion
Dans la nuit du 8 au 9 septembre, des milliers de pèlerins convergent à pied vers Sainte-Croix, où repose le bienheureux Jacques-Désiré Laval, missionnaire et médecin arrivé à Maurice en 1841 et qui consacra sa vie aux esclaves affranchis. Des messes se succèdent toute la nuit, une veillée de prière et des processions partent des points de ralliement régionaux jusqu'à l'église. Ce qui distingue ce pèlerinage, c'est qu'il n'est plus seulement catholique depuis longtemps : hindous, musulmans et fidèles d'autres confessions s'y rendent aussi, faisant de Sainte-Croix un rendez-vous transculturel plutôt qu'une simple fête religieuse.
Le grand départ des baleines
Les eaux des Mascareignes, classées Zone d'importance pour les mammifères marins sur 234 042 km², abritent 22 espèces de cétacés recensées. Mais septembre marque un basculement pour la plus attendue d'entre elles : les baleines à bosse, présentes depuis juin, commencent à repartir vers les eaux polaires, le pic d'accouplement (juillet-octobre) entrant dans sa dernière ligne droite. Les cachalots, eux, restent résidents à l'année au large de la côte ouest. L'observation demeure strictement encadrée — cent mètres minimum autour d'une baleine, cinquante autour d'un dauphin, sorties autorisées uniquement entre 6 heures et midi.

Le Trochetia s'ouvre, les oiseaux endémiques s'installent
Sur les pentes du Morne Brabant, la Trochetia boutoniana — fleur nationale depuis 1992 — poursuit sa floraison entamée en août. Dans les forêts indigènes, après des semaines d'attente, les Echo parakeet (Psittacula eques) et les pigeons roses commencent enfin à nicher : pour ces deux espèces endémiques longtemps au bord de l'extinction, ces premières couvées comptent parmi les moments les plus surveillés de l'année.
Les ambiances du mois
Contrairement à la France, Maurice ne connaît que deux saisons : l'île bascule directement de l'hiver austral à l'été austral, sans étape intermédiaire. L'équinoxe du 23 septembre, où jour et nuit s'équilibrent presque parfaitement, reste un repère purement astronomique, sans traduction climatique immédiate. Ce 1er septembre, le soleil se lève à 6 h 17 et se couche à 18 h 02 à Port-Louis ; les jours continueront de s'allonger jusqu'au solstice de décembre. Les alizés d'ESE, dominants toute l'année, soufflent de façon plus modérée qu'en août, où les rafales avaient pu dépasser 90 km/h. Les températures se maintiennent généralement entre 23 °C et 27 °C selon la région, avec des nuits plus fraîches sur les hauteurs. À terre, la campagne sucrière bat son plein : lancée le 22 juin, elle vise environ 225 000 tonnes (220 305 t en 2025), récolte jusqu'à mi-décembre.
Un seul jour férié
Ganesh Chaturthi, fixée au mardi 15 septembre, est l'unique jour chômé du mois. La fête commémore la naissance de Ganesh, la divinité à tête d'éléphant, et donne lieu à des processions portant ses effigies jusqu'à la mer ou aux rivières pour l'immersion rituelle.
