Le Baromètre Orchestra pour L'Écho touristique, qui analyse les ventes des agences de voyages françaises, révèle un paysage contrasté pour le début d'année 2026. Alors que l'ensemble des destinations enregistre un recul de 2,1% par rapport à janvier 2025, l'Île Maurice se distingue en se hissant à la 10e place du classement mondial, seule représentante de la zone océan Indien parmi les vingt premières destinations.
Une performance remarquable dans un contexte morose
Cette progression de 5,7% des réservations s'accompagne d'une hausse similaire du panier moyen (+5,7%), témoignant d'une attractivité maintenue malgré un positionnement haut de gamme. La destination mauricienne bénéficie d'un double avantage : sa stabilité politique et son excellence hôtelière reconnue, particulièrement recherchées par une clientèle française privilégiant désormais la sécurité et la qualité des prestations.
Face aux destinations méditerranéennes traditionnelles en difficulté – l'Espagne recule de 3,4%, la France métropolitaine de 7,6%, la Grèce de 10,1% – l'île de l'océan Indien s'affirme comme une alternative premium. Elle devance largement ses concurrents caribéens dans la zone tropicale, à l'exception de la République dominicaine (8e rang, +12,9%) et du Mexique (13e, -0,4%).
Le naufrage américain profite aux destinations tropicales
L'effondrement spectaculaire des États-Unis, qui chutent de 39,7% en janvier 2026 après un recul déjà marqué de 24% l'année précédente, redistribue les cartes du long-courrier. La politique controversée de l'administration Trump, conjuguée à un coût de la vie prohibitif sur place, détourne massivement la clientèle française. Le panier moyen américain s'effondre de près de 9%, signe que seules les offres bradées trouvent encore preneur.
Dans ce contexte, l'Île Maurice capitalise sur son image de destination de rêve accessible, portée par une connectivité aérienne optimale et une offre hôtelière diversifiée. L'île bénéficie également du dynamisme d'autres destinations tropicales : la Thaïlande bondit de 22,3%, l'Indonésie de 33,9%.
L'océan Indien, angle mort du tourisme français
Si Maurice tire son épingle du jeu, force est de constater l'absence remarquée de ses voisins dans ce classement. La Réunion, Mayotte, les Seychelles ou Madagascar n'apparaissent pas dans le top 20, laissant l'île sœur en position de monopole pour la zone. Cette singularité témoigne de la stratégie marketing réussie de Maurice Tourism Promotion Authority et de l'investissement constant des grands groupes hôteliers mauriciens (Beachcomber, Constance, Heritage, The Lux Collective) sur le marché français.
L'Égypte, qui explose littéralement avec une progression de 52,7% pour se hisser au 5e rang mondial, démontre qu'une destination peut rapidement reconquérir sa clientèle après des années difficiles. Un exemple que l'Île Maurice observe attentivement pour maintenir sa dynamique dans un marché où la volatilité devient la norme.
Perspectives contrastées pour 2026
Avec un marché global en retrait de 2,1% et un nombre de dossiers en baisse similaire selon l'Observatoire des Entreprises du Voyage, l'année 2026 s'annonce délicate pour l'industrie touristique française. Le contexte international incertain, marqué par les tensions géopolitiques et les fluctuations économiques, favorise les destinations perçues comme sûres et stables.
L'Île Maurice dispose ainsi d'atouts majeurs pour conforter sa position : une image préservée, une qualité de service reconnue, et surtout son statut unique de destination phare de l'océan Indien pour la clientèle française. Reste à confirmer cette tendance dans les mois à venir, alors que les réservations de janvier portent traditionnellement sur les séjours du printemps et de l'été.
Le défi pour Port-Louis sera de maintenir cet élan tout en gérant la hausse du panier moyen, dans un marché où les voyageurs français se montrent de plus en plus attentifs au rapport qualité-prix, comme en témoigne la débâcle américaine et les performances des destinations proposant des tarifs compétitifs.