Il faut commencer par la lumière, parce que c'est elle qui change le plus vite. En trente et un jours, le lever du soleil avance de vingt minutes, le coucher recule de neuf. Personne ne le remarque vraiment, sinon les pêcheurs qui appareillent avant l'aube. Le thermomètre, lui, raconte une autre histoire : les prévisions saisonnières annoncent des maxima moyens autour de 22,5 °C au Centre et 26,8 °C à l'Ouest, avec des nuits qui peuvent descendre à 11 °C sur les hauteurs par ciel clair. Sur une île de 1 865 km², l'écart suffit à imposer deux vestiaires : la laine à Curepipe, une chemise légère du côté de Trou-aux-Biches, à moins d'une heure de route l'une de l'autre.
Le vent mène la danse
Le vent, en août, n'est pas un décor : il souffle d'est-sud-est entre 20 et 30 km/h, et les rafales peuvent dépasser 90 km/h dans les zones exposées lors du passage d'anticyclones puissants. La houle qui l'accompagne frappe les rivages sud et ouest — c'est elle qui fait, chaque hiver, la réputation des spots de glisse de la côte sud-ouest, quand le lagon du Nord garde sa surface plate l'essentiel de l'année. À terre, l'odeur du mois est celle de la canne : la campagne sucrière, lancée le 22 juin, se poursuit jusqu'à la mi-décembre, et les camions chargés à ras bord font partie du paysage routier au même titre que les bus.
Au large, une nurserie de 234 000 kilomètres carrés
C'est en mer que le mois se distingue vraiment. Les eaux des Mascareignes forment une aire d'importance pour les mammifères marins de 234 042 km², où 22 espèces de cétacés ont été recensées. Les baleines à bosse y sont présentes de juin à fin septembre, avec mise bas et accouplement entre juillet et octobre. Les cachalots, eux, ne migrent pas : une centaine d'individus a été photo-identifiée au large de la pente insulaire ouest et sud-ouest, dont plusieurs familles résidentes, fidèles au site sur plusieurs années. L'observation reste strictement encadrée — cent mètres minimum autour d'une baleine, cinquante autour d'un dauphin, activité payante uniquement entre 6 heures et midi — ce qui explique ces départs en mer aux aurores.
Sur les pentes du Morne Brabant, la Trochetia boutoniana — la boucle d'oreille, fleur nationale depuis 1992 — est en pleine floraison, butinée par les oiseaux-lunettes et les geckos du genre Phelsuma. Dans les forêts indigènes, tout est encore en attente : perruches et pigeons roses ne commenceront à nicher qu'en fin septembre.
Un seul jour férié, une charge d'histoire
Le calendrier officiel 2026 ne retient qu'une date chômée en août : l'Assomption, le samedi 15, qui voit converger vers les grottes mariales des fidèles de toutes confessions. Dix jours plus tard, la Saint-Louis réunit les autorités à la cathédrale de Port-Louis.
La Bataille du Vieux Grand Port sur l'Arc de Triomphe à Paris. (Photo : Stéphane Driver).
Le mois porte aussi une mémoire plus lourde : celle de la bataille de Grand Port, seule victoire navale de l'époque napoléonienne inscrite sur l'Arc de Triomphe, et celle du 23 août, Journée internationale du souvenir de la traite négrière, qui résonne particulièrement à Maurice avec le Paysage culturel du Morne, inscrit au patrimoine mondial en 2008.
Le 27 août, le soleil se couchera à 18 heures. La récolte de canne, elle, ira jusqu'à la mi-décembre.
Ce qu'il faut noter
- Météo : maxima moyens 22,5 °C (Centre) à 26,8 °C (Ouest) ; minima jusqu'à 11 °C sur les hauteurs par nuit claire ; vent d'ESE 20-30 km/h, rafales possibles au-delà de 90 km/h
- Jour férié : un seul en août 2026 — Assomption, samedi 15
- Baleines et cachalots : zone IMMA Mascareignes, 234 042 km², 22 espèces de cétacés ; observation encadrée (100 m baleine / 50 m dauphin, sorties 6 h-midi uniquement)
- Sucre : campagne 2026 lancée le 22 juin, environ 225 000 tonnes attendues (220 305 t en 2025)
- Tourisme, août 2025 : 115 491 arrivées, taux d'occupation des grands hôtels à 79 % (contre 76 % sur l'année)
- 1ᵉʳ trimestre 2026 : 348 445 arrivées (+6,8 %), marché allemand +50,3 %
