Le retrait se fait conformément aux permis obtenus auprès des autorités. Il se fait aussi par étapes, car la restauration d’un écosystème relève du long terme. Elle demande des interventions planifiées, un suivi régulier et le temps nécessaire à la régénération naturelle du milieu.
L’île se trouve dans le lagon de l’Est, au large de Trou d’Eau Douce, dans le district de Flacq. Le chantier qui s’y ouvre s’inscrit dans un programme de régénération à long terme, dont il constitue une étape importante. Le plan de gestion prévoit de restaurer la biodiversité en plantant des espèces endémiques et anti-érosion, et de créer des zones tampons écologiques. Il comprend aussi des actions sur les écosystèmes marins et sur les espèces invasives.
Espèces invasives, corbeaux, déchets : l’état des lieux
L’Eco-Park sera un espace dédié à la conservation, à la restauration écologique, à la découverte de la biodiversité et à la sensibilisation à l’environnement. Un Eco-Musée en plein air y fera connaître le patrimoine naturel de l’île, les pressions qu’il subit et les actions engagées pour le préserver.
Car ces pressions s’accumulent. Elles pèsent sur l’Île aux Cerfs comme sur l’Îlot Mangénie : espèces végétales invasives très présentes, récifs coralliens et mangroves vulnérables, population de corbeaux en hausse, difficultés de gestion des déchets, et activités humaines de plus en plus intenses. Ces enjeux ne s’arrêtent pas aux îlots. Ils touchent l’ensemble de l’écosystème marin et côtier dont ils font partie.
Laisser les choses en l’état ne tiendrait pas dans la durée. Sans intervention, la dégradation s’aggraverait, au détriment de la biodiversité et de l’expérience des visiteurs, mais aussi des activités économiques et, à terme, des emplois et des revenus qui dépendent de l’attrait de la destination.
« Nous devons préserver l’Île aux Cerfs tout en maintenant son caractère vivant, accessible et économiquement actif. Cela implique de travailler avec les opérateurs, mais aussi d’accepter collectivement que les activités ne peuvent plus continuer comme auparavant. L’île et le lagon de l’Est constituent un environnement sensible dont dépend également l’avenir de ces activités. L’Eco-Park marque le début d’un travail de régénération qui se construira progressivement et sur le long terme », souligne Grégory Coquet, CEO de Riveo.
Gratuit pour les Mauriciens, une billetterie au profit d’une fondation
L’Île aux Cerfs restera d’accès gratuit, pour les Mauriciens comme pour les visiteurs étrangers. Seul l’Eco-Park, qui occupera une partie de l’île, sera payant, et uniquement pour les visiteurs étrangers. Les Mauriciens y entreront gratuitement.
La billetterie financera l’Eco-Park par l’intermédiaire de la Fondation de l’Eco-Park de l’Île aux Cerfs. Cette organisation à but non lucratif a été créée pour soutenir la restauration, la conservation et la gestion durable de l’environnement naturel.
Sur la plage, le dialogue est engagé. Riveo a ouvert des échanges avec les opérateurs dont l’activité est directement liée à l’île : bateaux de plaisance, BBQ, sports nautiques. L’objectif est de déterminer comment leurs activités pourront s’inscrire durablement dans la nouvelle organisation. Le programme prévoit de formaliser les activités commerciales au moyen de différents mécanismes de collaboration et de partenariat avec ces opérateurs.
Riveo et Loisirs des Îles entendent faire de l’Île aux Cerfs un modèle. L’ambition est de concilier la restauration de l’environnement, une meilleure organisation des activités, l’expérience des visiteurs et la pérennité des activités économiques locales.
À terme, le plan de gestion prévoit aussi la restauration des coraux, avec différents partenaires.