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Île Maurice Tourisme

ÎLE MAURICE TOURISME

29 mai, 2026

La Réunion hisse la gastronomie créole au rang de patrimoine mondial

La première édition du Sommet & Festival International des Chefs Créoles s'est tenue à Saint-Denis les 23 et 24 mai 2026, réunissant chefs, institutions et professionnels de tout l'océan Indien. Au-delà des fourneaux, c'est une reconnaissance culturelle, économique et pédagogique de la cuisine créole qui s'est jouée ce week-end. Une ambition portée par l'Institut International de la Gastronomie Créole, et désormais adossée à des engagements institutionnels concrets.

La Réunion hisse la gastronomie créole au rang de patrimoine mondial

Elle se cuisinait dans les marmites familiales, se transmettait à voix basse entre générations, vivait dans les odeurs de bois de cannelle et de combava. La gastronomie créole entre désormais dans l'ère de la reconnaissance officielle. La Réunion en a fait, le temps d'un week-end, le théâtre d'une ambition collective : celle de porter cette cuisine singulière — née du métissage, de la mémoire et de la nécessité — au rang des grandes traditions culinaires du monde.

Plus de 1 200 visiteurs ont foulé les allées du Sommet & Festival International des Chefs Créoles, manifestation inaugurale de l'Institut International de la Gastronomie Créole. Démonstrations culinaires, Ronkozé, marché de producteurs, rencontres professionnelles, soirée de gala : le format, volontairement pluriel, a su toucher à la fois les amateurs éclairés, les professionnels du secteur et le grand public.


Une dimension régionale assumée
Le sommet n'entendait pas se limiter à l'île hôte. La présence de chefs venus de Madagascar, de Maurice et des Seychelles a donné à cette première édition une résonance régionale immédiate. Lalaina Ravelomanana, cheffe malgache, et les Mauriciens Nazim Peeroo et Thierry St-Mart ont participé aux échanges avec une égale générosité, incarnant ce que les organisateurs appellent volontiers « la fraternité entre territoires créoles ». « La créolité n'est pas une nostalgie, c'est un socle commun que nous avons à faire fructifier ensemble », a rappelé Alain Saint-Ange, Ambassador at Large des Seychelles et ancien ministre du Tourisme, dont l'intervention a ancré l'événement dans une perspective de coopération insulaire de long terme.

L'écho international ne s'est pas arrêté à l'océan Indien. La venue de V. Sheree Williams, publisher et rédactrice en chef du média américain Cuisine Noir, a ouvert la cuisine réunionnaise à un dialogue plus large — celui des cultures culinaires noires, des diasporas et des territoires créoles des Caraïbes à l'Afrique australe.


Marcel Ravin, figure d'une créolité accomplie
Parmi les présences marquantes du sommet, celle du chef Marcel Ravin a sans doute laissé l'empreinte la plus durable. Figure internationale de la gastronomie créole, il a rappelé avec force qu'une cuisine ancrée dans les territoires et les mémoires familiales n'a rien à concéder aux grandes tables du monde. Son parcours — des Antilles aux palaces monégasques — illustre précisément ce que le sommet entendait démontrer : l'excellence n'est pas une trahison des origines, elle en est l'aboutissement. « Ma cuisine, c'est ma grand-mère et c'est le monde », résume-t-il, dans une formule qui dit mieux que tout long discours ce que la créolité porte en elle.


Une signature institutionnelle, un cap pédagogique
Le moment le plus structurant du week-end s'est tenu le samedi 23 mai. La Présidente de la Région Réunion, le Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de La Réunion, le représentant du Recteur et l'Institut International de la Gastronomie Créole ont conjointement signé une lettre d'intention visant la certification d'un titre professionnel dédié à la cuisine créole — une première. Une première cohorte est attendue dès septembre 2026.

Cette avancée est loin d'être symbolique. Elle engage la cuisine créole dans une dynamique de formation organisée, capable de documenter et de transmettre des savoir-faire longtemps cantonnés à la sphère familiale et à l'oralité. Pour Jean-Charles Bertrand, président de l'Institut, il s'agit d'un « passage de témoin entre la transmission populaire et l'exigence professionnelle ». La cuisine créole acquiert ainsi les attributs des grandes traditions culinaires codifiées : un référentiel, des formateurs, un diplôme.


La Réunion, point d'ancrage d'un mouvement
La couverture médiatique de l'événement — locale, nationale, internationale — a confirmé ce que beaucoup pressentaient : la gastronomie créole est désormais un sujet, au sens plein du terme. Un sujet de patrimoine, de politique touristique, de formation, de coopération régionale et d'économie des filières locales.

La première édition du Sommet & Festival International des Chefs Créoles s'est appuyée sur un réseau de partenaires institutionnels et privés — Région Réunion, CRT, Îles Vanille, IAE, Antenne Réunion, entre autres — dont la mobilisation témoigne d'une volonté commune de faire de La Réunion le centre de gravité d'un mouvement qui dépasse largement ses frontières.

Depuis Saint-Denis, une dynamique est lancée. Elle ne fait, comme l'ont sobrement conclu les organisateurs, que commencer.

 

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