L'artisanat comme levier d'émancipation
C'est à SALT of Palmar, boutique-hôtel adult-only du groupe sur la côte est de Maurice, que la philosophie #GiveToGain se manifeste de la manière la plus tangible. Le programme Skill Swap, conçu comme une plateforme vivante d'échanges entre clients et communauté locale, place délibérément les femmes artisanes au centre du dispositif. Janine Espitalier-Noel accueille les visiteurs dans son atelier de poterie à Pamplemousses ; Mme Bulleeram perpétue l'art ancestral du tressage de paniers à Brisée Verdière. Toutes deux transforment leur savoir-faire en expérience culturelle, transmettant un héritage tout en générant des revenus équitables.
Le duo mère-fille Nathalie Marot et Sarah Hoffmann illustre, quant à lui, la capacité du programme à transformer une passion domestique en entreprise pérenne. Fondatrices de Body Bar — cosmétiques naturels faits main —, elles fournissent à l'hôtel gommages, savons et masques capillaires. En offrant visibilité et débouchés commerciaux à ces entrepreneures, SALT of Palmar fait de son modèle d'hospitalité un vecteur direct de développement économique local.
À Zanzibar, l'écologie au service de l'autonomie féminine
À LUX* Marijani, sur la côte de Zanzibar, la démarche prend une dimension environnementale. Chaque matin, des femmes de la communauté côtière — surnommées affectueusement les « seaweed mamas » — entretiennent leurs jardins d'algues dans les eaux peu profondes face à l'établissement. Revenus réguliers, indépendance financière, ancrage dans la nature : cette économie discrète mais résiliente s'inscrit au cœur du modèle de développement durable de l'hôtel.
Conçu en étroite concertation avec la communauté locale — des intérieurs réalisés par des artisans de la région aux plantations endémiques qui préservent le littoral —, LUX* Marijani démontre qu'un tourisme de luxe responsable peut générer des retombées sociales concrètes et durables, bien au-delà de la chambre d'hôtel.
Des carrières qui s'écrivent en interne
Si ces initiatives communautaires témoignent d'une ouverture vers l'extérieur, c'est au sein même du groupe que la mobilité féminine se révèle la plus saisissante. Lhamo, aujourd'hui Restaurant Manager à LUX* Tea Horse Road Benzilan dans le Yunnan, a commencé sa trajectoire comme simple villageoise, avant de devenir l'ambassadrice de sa région auprès des visiteurs internationaux. À Maurice, Sanam Khedoo est passée du poste de voiturier à celui de superviseur à LUX* Belle Mare, quand Dilshad Rossaye dirige désormais une équipe de quatre-vingts collaborateurs au sein de Tamassa Bel Ombre, après avoir gravé ses galons dans le housekeeping.
Ces trajectoires ne doivent rien au hasard. Nitisha Thathiah, entrée comme stagiaire en pâtisserie à SALT of Palmar, y occupe aujourd'hui le poste de Chef de Partie. Jennifer Radegonde a évolué de réceptionniste au spa à responsable du spa à LUX* Grand Baie, tandis que Rooma Caulee, ancienne directrice des ventes et du marketing du même établissement, en est désormais la Resident Manager. Une logique de promotion interne systématique, fondée sur la reconnaissance du mérite et la continuité des parcours.
Former pour durer : des diplômes qui ouvrent des horizons
Au-delà des promotions, The Lux Collective a fait le pari de la formation diplômante comme vecteur d'égalité durable. La Training Academy du groupe, pilotée par Smita Modak, Group Head of Learning & Talent Development, propose un Certificate of Higher Education en Professional Practice — Leadership in Hospitality, co-développé avec l'Université du Pays de Galles. Ce cursus de dix-huit mois, articulant alternance et qualification internationale, permet aux cadres de progresser sans interrompre leur activité opérationnelle.
Sheila Malloo, première femme General Manager du groupe à l'île Maurice, à la tête de LUX* Belle Mare, figure parmi les bénéficiaires emblématiques de ce programme, perfectionnant ses compétences stratégiques et opérationnelles tout en inspirant les générations montantes.
Cette année, Isabel Lochun, Resident Manager de LUX* Le Morne, et Jessica Sola, People & Culture Manager, ont été inscrites à un MBA via la Recognition of Prior Learning Pathway de Vatel Hotel & Tourism Business School. Ce dispositif valide officiellement les compétences en leadership stratégique, gestion financière, capital humain et ESG accumulées au fil de leur carrière — transformant des années d'expertise terrain en titre académique reconnu mondialement.
Une culture, pas une campagne
Ce qui frappe, à l'examen de ces initiatives, c'est leur cohérence systémique. De l'artisane zanzibarite à la directrice d'hôtel mauricienne, du programme Skill Swap au MBA en alternance, The Lux Collective n'a pas conçu des actions ponctuelles à vocation communicationnelle. Il a bâti un écosystème où le progrès des femmes résulte d'une dynamique endogène : chaque transmission crée une nouvelle opportunité, chaque promotion inspire une nouvelle vocation.
En intégrant l'égalité professionnelle non comme un impératif réglementaire mais comme un avantage compétitif — talent fidélisé, ancrage communautaire renforcé, attractivité de l'employeur —, le groupe semble avoir trouvé une voie singulière. Celle où donner n'est pas une concession, mais l'architecture même d'un modèle durable.