Chaque année, la Maha Shivratree transforme les artères de Maurice en un fleuve humain bigarré où s'élancent les kanwars, ces structures décorées portées par les dévots de Shiva. Mais derrière la splendeur des cortèges se cache une réalité prosaïque : celle de la sécurité routière. Les autorités ont donc édicté un règlement précis pour ces édifices ambulants qui accompagnent les fidèles dans leur quête spirituelle.
Les dimensions maximales autorisées témoignent d'un équilibre délicat entre tradition et pragmatisme. La hauteur ne doit pas excéder trois mètres depuis la surface de la route, la largeur est limitée à deux mètres, tandis que la longueur peut atteindre 5,5 mètres. Ces contraintes s'appliquent à toutes les structures, qu'elles soient poussées, tirées, portées à la main ou transportées sur des véhicules.
Les organisateurs doivent également composer avec des interdictions spécifiques. Si les structures sont acheminées par véhicule, ceux-ci ne peuvent dépasser la longueur du kanwar lui-même. Les générateurs électriques sont proscrits, à l'exception des batteries au plomb de 12 volts maximum. Enfin, il est formellement interdit de dormir ou de se reposer à l'intérieur de ces constructions éphémères.
Le non-respect de ces prescriptions constitue une infraction passible d'une amende de 10 000 roupies. Une sanction qui rappelle que la dévotion religieuse ne saurait s'affranchir des impératifs de sécurité publique. « Ou sécurité, nou priorité » : le slogan des autorités résonne comme un mantra administratif face à la ferveur mystique qui s'empare de l'île durant cette célébration hindoue majeure.