Des sièges reconstitués, des marchés réorientés
La priorité immédiate est capacitaire. Air Mauritius a opéré six vols supplémentaires à destination de Paris entre le 23 mars et le 29 avril 2026 ; Turkish Airlines, de son côté, déploiera trois fréquences hebdomadaires additionnelles sur une période d'un an. Ces renforts visent à compenser les perturbations aériennes induites par l'instabilité régionale.
La stratégie commerciale sera simultanément réorientée vers les marchés jugés les plus résilients dans le contexte actuel : Afrique du Sud, Inde, Australie et La Réunion. Des campagnes de marketing de destination seront intensifiées pour rassurer les voyageurs potentiels. Un suivi de la reprise des dessertes par les compagnies aériennes, dès la période de cessez-le-feu, a par ailleurs été inscrit à l'agenda gouvernemental.
Un cessez-le-feu fragile en toile de fond
Ces décisions s'inscrivent dans un contexte géopolitique instable. Le Comité de crise sur les impacts économiques et sociaux du conflit au Moyen-Orient, convoqué le 8 avril sous la présidence du chef du gouvernement, a coïncidé avec l'annonce d'une trêve bilatérale de deux semaines entre l'Iran et les États-Unis, autorisant la reprise du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. Navin Ramgoolam, le Premier Ministre, a néanmoins appelé à ne pas céder à la complaisance : la trêve, a-t-il rappelé, demeure précaire.
Le Comité a en conséquence retenu l'adoption de stratégies simultanées à court, moyen et long terme pour contenir les effets de contagion sur les ménages et les groupes vulnérables — le tout dans une marge budgétaire contrainte par l'héritage de la précédente administration, marqué par un déficit élevé et un endettement important.
L'efficacité du dispositif touristique comme celle du plan d'ensemble restent tributaires d'une stabilisation durable — et encore incertaine — de la situation au Moyen-Orient.