l'excellence mauricienne au sommet de l'art culinaire mondial
Des cuisines de l'École hôtelière de Maurice aux fourneaux étoilés de Pierre Gagnaire, en passant par les palaces d'Abu Dhabi, de Dubaï et d'Oman, son parcours témoigne d'une ambition tranquille mais déterminée, celle d'un homme qui n'a jamais cessé d'apprendre pour mieux transmettre. En trois décennies de métier, Balveer Balkissoon a fait de l'excellence sa seule boussole, portant haut les couleurs d'un talent insulaire sur la scène gastronomique internationale.
C'est pourtant loin des strass et des projecteurs qu'il a forgé son caractère. Dans les cuisines bruyantes et exigeantes des grands hôtels cinq étoiles, où le moindre écart se paie au prix fort, il a appris que la grandeur ne s'improvise pas — elle se construit, heure après heure, service après service. De commis anonyme à directeur culinaire respecté, chaque étape de sa vie professionnelle porte la marque d'une rigueur sans concession et d'un perfectionnisme chevillé au corps, héritage discret mais indélébile de ses années de formation.
Car derrière le prestige des adresses qui jalonnent sa carrière se cache une vérité plus intime : celle d'un homme qui a choisi l'exil non par goût de l'aventure, mais par fidélité à lui-même. Quitter les siens, renoncer aux douceurs familières de l'île natale, affronter la solitude des hivers lointains — autant de sacrifices consentis en silence, au nom d'une exigence supérieure. Cette dimension humaine, profondément attachante, confère à son parcours une résonance particulière pour tous ceux qui, comme lui, ont un jour misé leur avenir sur leur talent.
Rencontre avec un chef discret et accompli, dont la cuisine parle, mieux que les mots, de ses racines et de ses conquêtes.
Pourquoi avez-vous choisi le tourisme ?
Le fait d'appartenir à une famille ayant une expérience dans la restauration a cultivé en moi un amour et une appréciation du monde culinaire depuis mon plus jeune âge. Mon père a été une source d'inspiration énorme qui m'a grandement motivé à suivre un chemin similaire. Grandir dans un environnement où la nourriture et l'hospitalité étaient centrales m'a fourni des connaissances et des compétences précieuses qui ont alimenté ma passion pour devenir chef.
En quoi consiste votre métier ?
Mon rôle englobe la supervision stratégique de toutes les opérations culinaires. Cela comprend la gestion des équipes de cuisine, le développement de menus, le contrôle de la qualité des plats, la gestion des coûts alimentaires, ainsi que la collaboration avec d'autres départements pour assurer l'harmonie au sein de l'ensemble de l'établissement de restauration. En d'autres termes, je suis responsable de l'aspect global de la cuisine — de la planification à l'exécution.
Quelles formations avez-vous suivies ?
Ma première formation culinaire a été à l'École hôtelière de Maurice, où j'ai été initié aux bases de la cuisine française. Ensuite, j'ai élargi mes compétences culinaires en entreprenant un cours de gestion en cuisine, affilié à l'école SHATEC de Singapour. Durant mes années dans le domaine hôtelier, j'ai acquis plusieurs formations importantes telles que :
Food and Beverage Management
Business Academy
Advanced HACCP Certificate
Leadership and Motivation, et plusieurs autres.
Je me suis également lancé dans la poursuite d'expéditions culinaires à l'étranger, notamment en France, en Suisse, en Italie, en Inde et en Malaisie, qui ont ajouté une touche internationale à mon répertoire culinaire en m'offrant une compréhension profonde des traditions culinaires mondiales.
Quel a été votre parcours professionnel ?
J'ai débuté en tant que stagiaire à l'hôtel Le Saint Géran et à l'hôtel Amber. J'ai également acquis une solide expérience en tant que commis à l'hôtel Beau Rivage et au Lux Grand Gaube. En évoluant vers le poste d'Executive Sous-Chef au Mövenpick Hôtel, j'ai eu l'opportunité de me perfectionner dans ce rôle.
Après avoir accumulé dix années d'expérience dans des hôtels de renom à l'île Maurice, j'ai pris la décision de partir aux Émirats pour développer davantage mes connaissances culinaires. C'est ainsi que j'ai été recruté par le prestigieux Yas Viceroy en tant que Chef de Cuisine Banquet. Mon cheminement s'est poursuivi en tant que Chef Exécutif dans des établissements 5 étoiles tels que le Sheraton Abu Dhabi, le Grand Millennium Hotel Oman et le Mövenpick Hotel Dubaï. Ma carrière a ensuite évolué vers le rôle de Directeur Culinaire au sein du groupe Lucien Barrière, incluant le Fouquet's Restaurant et une collaboration avec le chef étoilé au guide Michelin Pierre Gagnaire.
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l'exercice de votre métier ?
Certains défis dans la profession de chef comprennent, par exemple, l'environnement stressant, la gestion du personnel, du temps et des coûts, l'innovation constante, les demandes alimentaires spéciales des clients et la qualité des ingrédients, entre autres.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu'un qui voudrait embrasser une carrière dans votre spécialité ?
Pour aspirer à une carrière de chef, voici quelques conseils : Acquérez une formation culinaire formelle pour maîtriser les techniques de base. Multipliez les expériences pratiques pour diversifier vos compétences. Cultivez votre créativité et maintenez une passion constante pour la cuisine. La cuisine peut être exigeante : développez une résilience face à la pression et aux défis. Restez informé des tendances culinaires, des nouvelles techniques et des ingrédients émergents. Développez des compétences de leadership pour guider et inspirer votre équipe en cuisine. Comprenez les besoins de vos clients et adaptez votre cuisine en conséquence. Établissez des relations professionnelles et participez à des événements culinaires pour élargir votre réseau. Veillez à maintenir un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle pour préserver votre passion tout en prenant soin de vous.
Est-il facile de vivre et de travailler à l'étranger ? Comment s'est passée votre adaptation à un nouvel environnement culturel et au style comportemental du pays d'accueil ?
Vivre et travailler à l'étranger peut être enrichissant, mais l'adaptation dépend du pays et de sa culture, que j'ai appris à comprendre, à respecter et à intégrer graduellement.
Quel est le sacrifice le plus important que vous avez dû faire pour vivre votre métier à l'étranger ?
L'éloignement de la famille — être séparé de ses proches entraîne souvent des sentiments de nostalgie et de manque difficiles à surmonter.
Quelle a été votre plus grande satisfaction professionnelle ?
Travailler en collaboration avec plusieurs chefs étoilés de différents pays a été une expérience enrichissante, permettant d'échanger des idées culinaires innovantes, d'apprendre différentes approches et de développer des compétences professionnelles variées. Cela a renforcé ma passion pour la cuisine et élargi ma perspective sur les techniques et les saveurs, contribuant ainsi à ma plus grande satisfaction professionnelle.
Auriez-vous pu atteindre votre plein potentiel si vous étiez resté à Maurice ?
Il est difficile de dire si j'aurais pu atteindre mon plein potentiel en restant à l'île Maurice, car de nombreux facteurs influencent le développement personnel, tels que les opportunités, l'environnement et les choix individuels. Cependant, je suis reconnaissant pour les expériences qui m'ont permis d'évoluer considérablement, où que je me trouve.
Reviendrez-vous partager votre expérience au pays ?
Oui, c'est un souhait qui me tient à cœur. Partager l'expérience acquise à l'international et contribuer à l'évolution des standards et des talents à Maurice serait une manière naturelle de redonner à mon pays ce qu'il m'a apporté.
Quelle a été votre plus grande satisfaction professionnelle ?
Ma plus grande satisfaction est d'avoir pu évoluer dans des environnements d'excellence à l'international. Voir des équipes que j'ai formées grandir et réussir est également une fierté profonde.
Quel regard portez-vous sur l'industrie touristique mauricienne ?
L'industrie touristique mauricienne possède des atouts exceptionnels : authenticité, hospitalité naturelle et diversité culturelle. Le défi aujourd'hui est de continuer à monter en gamme, innover et investir dans la formation pour rester compétitif sur la scène mondiale.
Si vous deviez choisir un slogan pour l'île Maurice ?
« Maurice, l'art de vivre l'exception au naturel. »
Une bonne idée que l'on pourrait appliquer au monde du travail mauricien que vous avez retenu lors de votre expatriation ?
À l'international, la communication ouverte entre équipes et management favorise la progression rapide, l'innovation et l'engagement des collaborateurs.
Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui est intéressé par les métiers du tourisme ?
D'être curieux, discipliné et prêt à sortir de sa zone de confort. Le tourisme est un métier de passion et de service : voyager, apprendre des langues et multiplier les expériences terrain sont essentiels pour progresser.
Quel est votre but professionnel ultime ?
Atteindre un niveau d'excellence reconnu internationalement tout en formant la prochaine génération de talents.
Qu'est-ce qui vous manque le plus de l'île Maurice ?
Ce qui me manque le plus aujourd'hui, ce sont les choses simples et essentielles : la proximité de la mer, la beauté des forêts et le lien à la terre à travers ma ferme. Ce contact direct avec la nature mauricienne apporte un équilibre et une sérénité que l'on retrouve difficilement ailleurs.
Auriez-vous pu atteindre votre plein potentiel si vous étiez resté à Maurice ?
Probablement pas au même rythme. L'exposition internationale accélère l'apprentissage et l'exigence. Cependant, Maurice m'a donné les bases essentielles : valeurs, résilience et sens de l'accueil.
Quel est le mot ou la phrase mauricienne qui vous fait garder le moral ?
« Pa perdi lespwar » — ne jamais perdre espoir.