L'école du terrain
Son parcours témoigne d'une ascension méthodique, bâtie sur le terrain. Parti serveur, Jean Désiré Andy a gravi tous les échelons – maître d'hôtel, responsable de restaurant et bar – en se formant auprès des plus belles enseignes : The Residences, One&Only, Four Seasons, Anahita. Une trajectoire qui illustre cette vérité qu'il ne cesse de rappeler aux jeunes aspirants : « Le terrain est la meilleure école. »
L'expatriation représentait pour lui l'opportunité d'élargir ses horizons professionnels et de se confronter à d'autres cultures du service. Un choix exigeant, qui impose son lot de sacrifices – l'éloignement familial en tête –, mais qui forge aussi une ouverture d'esprit et une polyvalence aujourd'hui reconnues. « L'adaptation prend du temps, reconnaît-il, mais avec ouverture d'esprit et respect des différences, cela devient une richesse. »
Le savoir-faire mauricien
Interrogé sur le rayonnement international des talents de l'île, Jean Désiré Andy évoque un « sens inné de l'hospitalité » et une « grande capacité d'adaptation ». Des qualités qu'il souhaite, un jour, partager avec la relève mauricienne. Car le retour au pays fait partie de ses projets : transmettre son expérience et contribuer à l'évolution de l'industrie locale.
En attendant, au cœur des cuisines du Royal Mansour, ce fils de Maurice perpétue une tradition d'excellence, guidé par une philosophie simple : passion, rigueur, humilité. Et par ce créole qui ne le quitte jamais : « Pa perdi lespwar » – n'abandonne jamais.
1. Pourquoi avoir choisi le tourisme ?
J'ai toujours été passionné par l'accueil, l'échange interculturel et la gastronomie. Le tourisme réunit ces éléments et me permet de contribuer à créer des expériences mémorables pour les clients.
2. En quoi consiste votre métier ?
Je supervise l'ensemble des opérations de restauration de l'établissement, de la gestion des équipes à la qualité du service, en passant par la rentabilité. Mon objectif est d'assurer une expérience gastronomique à la hauteur des standards du Royal Mansour.
3. Quelle formation avez-vous suivie ?
J'ai suivi une formation en gestion hôtelière et restauration, avec des spécialisations en management et en service haut de gamme.
4. Quel a été votre parcours professionnel ?
J'ai commencé en tant que serveur, puis j'ai gravi les échelons jusqu'à devenir maître d'hôtel, adjoint responsable restaurant, ensuite responsable de restaurant et bar, et aujourd'hui directeur de la restauration dans un palace de renom. J'ai eu la chance d'évoluer dans de belles maisons comme The Residences, One&Only, Four Seasons Resorts and Hotels, Anahita et maintenant dans l'une des plus belles maisons, le Royal Mansour à Tamuda Bay.
5. Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l'exercice de votre métier ?
La pression constante pour maintenir l'excellence, la gestion des imprévus et le besoin de former en continu les équipes pour répondre aux attentes d'une clientèle exigeante.
6. Quels conseils donneriez-vous à quelqu'un qui voudrait embrasser une carrière dans votre spécialité ?
Ayez de la passion, de la rigueur et de l'humilité. Le terrain est la meilleure école : apprenez auprès des meilleurs, soyez curieux et ne comptez pas vos heures.
En compagnie de Chef Alajmo triplement étoilé au Michelin qui a un restaurant italien au Royal Mansour Tamuda Bay
7. Pourquoi avoir choisi de vous expatrier ?
Pour élargir mes horizons professionnels, découvrir d'autres cultures de service et relever de nouveaux défis dans l'hôtellerie de luxe.
8. Est-il facile de vivre et de travailler à l'étranger ?
Ce n'est pas toujours simple. L'adaptation prend du temps, surtout au niveau culturel et professionnel. Mais avec ouverture d'esprit et respect des différences, cela devient une richesse.
9. Quel est le sacrifice le plus important que vous avez dû faire pour vivre votre métier à l'étranger ?
L'éloignement de ma famille et de mes racines. On rate des moments importants, mais on apprend à compenser autrement.Je souhaite saisir cette opportunité pour dire un grand merci à ma famille, mon épouse, mes enfants, mes parents, la direction du Royal Mansour qui me soutiennent beaucoup dans mon parcours professionnel.
10. Pourquoi est-ce que le savoir-faire mauricien s'exporte aussi bien ?
Parce que nous avons un sens inné de l'hospitalité, de la polyvalence et une grande capacité d'adaptation. Le service avec le sourire est dans notre ADN.
11. Reviendrez-vous partager votre expérience au pays ?
Oui, c'est un de mes projets. Je souhaite transmettre ce que j'ai appris et contribuer à l'évolution de l'hôtellerie à Maurice.
12. Quelle a été votre plus grande satisfaction professionnelle ?
Mettre en place une expérience de restauration sur mesure pour un client VIP, saluée internationalement, et voir mes équipes grandir professionnellement.
Le Chef Quique Dacosta triplement étoilé au Michelin et qui a un restaurant Méditerranée au Royal Mansour
13. Quel regard portez-vous sur l'industrie touristique mauricienne ?
C'est une industrie solide, avec un grand potentiel humain. Mais il faut continuer à innover et à former les jeunes pour maintenir notre positionnement haut de gamme.
14. Si vous deviez choisir un slogan pour l'île Maurice ?
« Maurice, là où l'hospitalité prend tout son sens. »
15. Une bonne idée que l'on pourrait appliquer au monde du travail mauricien que vous avez retenue lors de votre expatriation ?
La culture du feedback régulier, qu'il soit positif ou constructif. Cela motive les équipes et améliore la performance globale.
16. Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui est intéressé par les métiers du tourisme ?
Commencez sur le terrain, observez, écoutez, soyez curieux. Le tourisme, c'est avant tout une école de vie.
17. Quel est votre but professionnel ultime ?
Diriger un groupe hôtelier de renommée internationale ou créer mon propre restaurant/bar afin de mettre en valeur tout ce que j'ai acquis durant ma carrière.
18. Qu'est-ce qui vous manque le plus de l'île Maurice ?
La famille, la cuisine et l'ambiance conviviale typique de chez nous.
19. Auriez-vous pu atteindre votre plein potentiel si vous étiez resté à Maurice ?
Peut-être, mais plus lentement. L'expatriation m'a offert une accélération, une ouverture et une rigueur qui sont difficiles à trouver localement.
20. Quel est le mot ou la phrase mauricienne qui vous fait garder le moral ?
« Pa perdi lespwar » – un rappel simple mais puissant de toujours persévérer.
(1) C'est le troisième établissement de la collection Royal Mansour, aux côtés du palais Royal Mansour de Marrakech et du Royal Mansour à Casablanca, et il incarne l'art de vivre en bord de mer à la mode royale marocaine.