« Talents Mauriciens » est la rubrique d'Île Maurice Tourisme consacrée à celles et ceux qui, nés sur le Rocher, ont choisi de porter leur expertise au-delà des frontières de l'île. Chaque portrait est une traversée : celle d'un parcours singulier, d'une carrière construite loin des repères familiers, et d'un lien indéfectible avec une île dont les valeurs — l'authenticité, le sens de l'accueil, la résilience — continuent d'ouvrir des portes aux quatre coins du monde. Parce que le savoir-faire mauricien ne s'arrête pas à la côte, IMT vous invite à découvrir ces femmes et ces hommes qui font rayonner Maurice, silencieusement, depuis l'étranger.
En bref
- Originaire de Rose-Hill, à Maurice
- Directrice d’Exploitation des Thermes et Spa de Vittel
- Groupe France Thermes
- Ancienne collaboratrice d’IBL et du Club Med
- Expérience professionnelle aux Bahamas et en France
- Parcours dans l’hôtellerie, le bien-être et les opérations touristiques
Pourquoi avoir choisi le tourisme ?
Le tourisme est arrivé dans ma vie un peu par hasard, grâce aux rencontres et aux opportunités qui se sont présentées à moi.
En quoi consiste votre métier ?
Je dirige actuellement les Thermes de Vittel ainsi que le Spa de Vittel. Mon rôle consiste à superviser les opérations, gérer les équipes et veiller à offrir une expérience de qualité à nos clients.
Quelle formation avez-vous suivie ?
J'ai obtenu un Bachelor en management international.
Quel a été votre parcours professionnel ?
J'ai commencé ma carrière chez IBL, puis j'ai rejoint le Club Med en tant que costumière. Après la naissance de ma fille en 2005, j'ai ressenti le besoin de me réinventer et d'apprendre de nouvelles choses. J'ai alors intégré la réception d'un établissement aux Bahamas en tant que réceptionniste. De fil en aiguille, j'ai évolué vers des postes à responsabilités jusqu'à occuper les fonctions que j'exerce aujourd'hui.
Repère : Vittel, ville thermale française
Située dans les Vosges, dans l’est de la France, Vittel est l’une des villes emblématiques du thermalisme français. Connue pour son eau minérale naturelle, elle accueille des visiteurs venus pour des cures, le bien-être, la remise en forme et les séjours de santé. Diriger les Thermes et Spa de Vittel, c’est donc évoluer au cœur d’un univers où l’accueil, le soin et l’exigence de service occupent une place centrale.
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l'exercice de votre métier ?
J'ai parfois dû faire face à des préjugés liés à la couleur de ma peau et au fait d'être une femme, en particulier une femme noire.
Quels conseils donneriez-vous à quelqu'un qui voudrait embrasser une carrière dans votre spécialité ?
Ne laissez jamais personne vous dire que vous n'en êtes pas capable. Croyez en vous et persévérez.
Pourquoi avoir choisi de vous expatrier ? C'est le hasard de la vie qui m'a conduite à l'étranger. J'y ai rencontré mon mari et je ne suis finalement jamais revenue vivre à Maurice.
Est-il facile de vivre et de travailler à l'étranger ? Comment s'est passée votre adaptation ?
L'adaptation demande des efforts, mais les Mauriciens ont une grande capacité à s'intégrer. Nous sommes souvent comparés à des caméléons : nous savons nous adapter tout en nous battant pour démontrer notre valeur.
Quel est le sacrifice le plus important que vous avez dû faire pour vivre votre métier à l'étranger ?
Le plus grand sacrifice a été de quitter mon île natale et de vivre loin de mes proches.
Pourquoi le savoir-faire mauricien s'exporte-t-il aussi bien ?
Parce que les Mauriciens sont authentiques et portent en eux de fortes valeurs humaines qui sont reconnues et appréciées partout dans le monde.
Reviendrez-vous partager votre expérience au pays ?
Si j'en avais l'opportunité, ce serait avec grand plaisir.
« À l'étranger, les valeurs mauriciennes sont pleinement appréciées. »
SarahJane Guillouët

Quelle a été votre plus grande satisfaction professionnelle ?
Ma plus grande fierté est d'avoir atteint le poste que j'occupe aujourd'hui et d'avoir travaillé pour des groupes de renommée internationale.
Quel regard portez-vous sur l'industrie touristique mauricienne ?
Je trouve qu'elle évolue positivement tout en conservant les valeurs qui font sa richesse et son identité.
Si vous deviez choisir un slogan pour l'île Maurice ?
« Moris, mo pays, so sourire. »
Une bonne idée que vous avez retenue lors de votre expatriation et que l'on pourrait appliquer au monde du travail mauricien ?
Valoriser davantage les compétences et le mérite, indépendamment de l'origine, du parcours scolaire ou du réseau de la personne.
Quel conseil donneriez-vous à un jeune intéressé par les métiers du tourisme ?
Il faut aimer les gens, être authentique et avoir le sens du service. La passion du contact humain est essentielle dans ce métier.
Quel est votre but professionnel ultime ?
Mon objectif est de diriger un établissement hôtelier cinq étoiles.
En compagnie de sa famille, so socle
À retenir
La réussite internationale ne dépend pas uniquement des diplômes ou du réseau. Le parcours de SarahJane Guillouët montre que la persévérance, la capacité d'adaptation et la confiance en soi restent des leviers essentiels pour évoluer dans l'industrie touristique mondiale.
Qu'est-ce qui vous manque le plus de l'île Maurice ?
Mes parents, ma famille et la cuisine mauricienne.
Auriez-vous pu atteindre votre plein potentiel si vous étiez restée à Maurice ?
Honnêtement, je ne le pense pas. En tant que femme créole n'ayant pas fréquenté un collège considéré comme élitiste — l'Eden College de Rose-Hill —, je crois qu'il m'aurait été plus difficile d'accéder à des postes à responsabilités. L'expatriation m'a permis de démontrer mes capacités et de progresser grâce à mon travail. Et surtout, à l'étranger, les valeurs mauriciennes sont pleinement appréciées. Notre sourire, notre sens du travail, notre capacité à nous adapter à différents environnements et notre richesse multiculturelle sont de véritables atouts qui nous distinguent.
Quel est le mot ou la phrase mauricienne qui vous aide à garder le moral ?
« Manzer ar li ! »