Un Mauricien porte la parole institutionnelle de l’Afrique orientale et australe. Depuis février 2026, Vidur Ramdin, docteur en management, occupe, en effet, le poste de Head of Communications & PR au Secrétariat du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), autrement dit responsable de la communication et des relations publiques. Il y dirige la communication institutionnelle, le protocole et la visibilité d’un bloc économique de vingt et un États membres, dont Maurice.
Il faut prendre la mesure du terrain. Le COMESA s’étend de la Tunisie à l’Eswatini, sur près de 12 millions de kilomètres carrés, soit quelque six mille fois la superficie de Maurice, et rassemble plus d’un demi-milliard d’habitants. Il revendique le rang de plus grande communauté économique régionale du continent. Son Secrétariat siège à Lusaka, en Zambie, et travaille en trois langues officielles : l’anglais, le français et l’arabe.
Pour Vidur Ramdin, la fonction n’a rien d’accessoire. « La communication au COMESA n’est pas une fonction support, c’est le tissu conjonctif de l’intégration régionale », affirme-t-il.
Faire voyager une décision
Sa mission tient dans une exigence simple à énoncer, difficile à tenir. Lorsque les États membres s’accordent sur une politique, celle-ci ne doit pas rester figée dans un communiqué. Elle doit atteindre le commerçant de Lusaka, l’exportateur du Caire, le décideur de Harare. Et leur parvenir d’une manière qui installe la confiance et les pousse à agir.
Le poste exige donc de maîtriser la substance technique des dossiers autant que l’art du récit, et de circuler entre protocole, relations publiques et diplomatie publique sans jamais perdre le fil. Ce double registre, son itinéraire en porte la trace.
Un parcours forgé dans le multilatéral
Vidur Ramdin a fait ses débuts dans le journalisme et la communication de masse, avant de se tourner vers le suivi-évaluation et les programmes de développement. Plus de vingt ans de carrière au sein d’institutions multilatérales et régionales, dont douze au niveau de la direction.
Au Fonds de Solidarité Africain, à Niamey, il a dirigé la communication et le marketing de 2017 à 2025. Sur le Mauritius Business Growth Scheme, soutenu par la Banque mondiale, il a contribué à la croissance de plus de 600 PME à Maurice et dans la région.
Autre jalon : la coordination régionale de la communication et de la visibilité des programmes Port Security et Safe Seas Africa. Financés par l’Union européenne, coordonnés par la Commission de l’océan Indien, ils mobilisent Interpol, l’Organisation maritime internationale et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, pour des enveloppes respectives de 28 et 153 millions d’euros. Une carrière bâtie au cœur des institutions multilatérales, bien au-delà des seuls intitulés de poste.
Maurice n’est jamais loin. Il est chargé de cours à temps partiel à l’University of Technology, Mauritius depuis 2008. Son doctorat en management, il l’a obtenu en juillet 2026 à la Lincoln University College. Il intervient aussi comme enseignant et conférencier sur la communication, le leadership et le développement régional en Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Togo et au Niger.
À ce niveau, rien ne s’improvise après coup. Le message se construit dans la manière même dont une institution se présente, chaque jour, dans chacun de ses vingt et un pays membres.
Un jour, on lui a demandé quel était le meilleur conseil qu’il pouvait donner en la matière. Sa réponse fut d’une grande économie : savoir quand parler, savoir quoi dire et, surtout, savoir quand se taire.