Une année sans précédent
Avril à décembre 2025 : aucune basse saison. C'est la formule qu'a retenue le ministre pour qualifier une séquence inédite dans l'histoire touristique de l'île. La performance s'est construite dans un contexte que peu de destinations ont su traverser sans dommages : le conflit au Moyen-Orient a pesé sur les flux régionaux. « Quand d'autres destinations chutaient — les Seychelles, les Maldives —, Maurice a maintenu sa trajectoire et a fait preuve d'une résilience extraordinaire », a déclaré le ministre devant l'Assemblée nationale. Les arrivées ont progressé jusqu'en mars 2026, avant une légère inflexion en avril, compensée dès mai. Mais le ministre a tenu à nuancer : « Nous n'avons pas fini de subir les conséquences et les effets de la guerre au Moyen-Orient. »
Ces résultats, le ministre les attribue d'abord à un effort collectif. « Directeur d'hôtel, DMC, serveur, plaisancier, opérateur, vendeur de fruits, chauffeur, guide — je remercie chaque acteur qui défend notre réputation », a-t-il déclaré, avant d'ajouter : « Tout cela n'est pas le fruit du hasard. C'est le résultat d'un effort collectif, la solidité de notre positionnement et la confiance des voyageurs. » La stratégie revendiquée — renforcer l'attractivité, diversifier les marchés, améliorer la connectivité, valoriser l'authenticité — aurait, selon lui, démontré sa pertinence sur la durée. « Ces résultats n'appellent pas l'autosatisfaction », a-t-il néanmoins prévenu.
Réformer ou stagner
Le record de 2025 ne dissimule pas les fragilités structurelles que le secteur traîne depuis des années. La MTPA existe depuis 1996. La Tourism Authority, devenue institution indépendante en 2006, est décrite par le ministre lui-même comme « désuète, dépassée et en décalage avec les réalités actuelles ». L'École Hôtelière Sir Gaëtan Duval a 55 ans. Trois institutions au cœur de la chaîne de valeur touristique, toutes trois en attente d'une refonte.
C'est sur ce terrain que le Budget 2026-2027 intervient. Portiques biométriques et e-visa pour réduire les temps d'attente à l'aéroport. Création de villages éco-intégrés — Maurice compte déjà six villages labellisés « Best UN Tourism Villages » par l'ONU Tourisme, premier contingent d'Afrique. Un village culinaire à Vieux Grand Port, vitrine de la gastronomie locale. L'École Hôtelière voit son budget passer de 79 à 102,7 millions de roupies ; un audit mené avec le soutien de deux établissements européens alimentera un mémo au Conseil des ministres. La Tourism Authority Act sera amendée pour encadrer les activités nautiques et formaliser l'hébergement de courte durée — un segment qualifié d'« explosé » par le ministre, qui opère encore largement sans licence. La MTPA, enfin, sera restructurée, avec des offensives commerciales ciblant la Chine, la Corée, l'Europe de l'Est, la Russie et les pays du Golfe.
Cap sur 1,5 million de visiteurs
Le dernier rebranding de la destination remonte à 2009. Le ministre a annoncé un plan d'action suivi d'un exercice de repositionnement. Pour 2026, la cible est de 1,5 million de visiteurs et des recettes proches de 120 milliards de roupies — « sous réserve des facteurs géopolitiques et socioéconomiques », a-t-il précisé.