Le baromètre mondial du tourisme publié lundi par l'OMT dessine les contours d'une industrie retrouvant ses couleurs d'antan. Avec près de 60 millions de touristes supplémentaires par rapport à 2024, l'année 2025 confirme la normalisation amorcée après les bouleversements sanitaires, même si certaines incertitudes géopolitiques continuent de peser sur les perspectives.
L'Afrique tire son épingle du jeu
Si l'Europe demeure la première destination mondiale avec 793 millions d'arrivées internationales – en progression de 4 % sur un an –, c'est bien le continent africain qui affiche les résultats les plus spectaculaires. Avec une croissance de 8 % de sa fréquentation touristique, l'Afrique a accueilli 81 millions de visiteurs en 2025, l'Afrique du Nord enregistrant à elle seule une hausse de 11 %.
Dans ce concert de performances, l'île Maurice se distingue particulièrement. L'archipel de l'océan Indien, qui avait déjà franchi le cap symbolique du million de visiteurs récemment, a vu ses recettes touristiques progresser de 10 % en monnaie locale. Cette embellie témoigne non seulement de l'attractivité renouvelée de la destination, mais également de la montée en gamme de son offre hôtelière, portée par les investissements des grands groupes mauriciens comme Constance, Beachcomber ou The Lux Collective.
Des recettes touristiques à un niveau record
Au-delà des flux de visiteurs, c'est la santé financière du secteur qui impressionne. Les recettes d'exportation liées au tourisme – incluant les dépenses des visiteurs et le transport de passagers – ont atteint un niveau historique de 2,2 billions de dollars en 2025, soit une progression de 5 % par rapport à l'année précédente.
Les données mensuelles révèlent une dépense soutenue tout au long de l'année, estimée à 1,9 billion de dollars pour les seules recettes touristiques internationales. Cette croissance extraordinaire fait suite à une année 2024 déjà exceptionnelle, plusieurs destinations affichant des hausses de recettes supérieures à celles des arrivées. Un phénomène qui s'explique notamment par l'inflation persistante dans les services touristiques et la recherche d'un meilleur rapport qualité-prix de la part des voyageurs.
Parmi les destinations qui ont particulièrement bénéficié de cette dynamique figure Maurice, aux côtés du Maroc, de la Corée du Sud, de l'Égypte, de la Mongolie, du Japon et de la Lettonie. Du côté des marchés émetteurs, le Royaume-Uni et la France – tous deux en progression de 9 % – ainsi que l'Espagne et la Turquie, confirment leur rôle moteur dans les dépenses touristiques internationales.
2026 s'annonce sous de meilleurs auspices
Pour l'année en cours, l'OMT table sur une croissance comprise entre 3 et 4 % des arrivées internationales, à condition que la région Asie-Pacifique poursuive sa convalescence et que les conditions économiques mondiales demeurent favorables. Toutefois, Shaikh Ahruwalia, secrétaire général de l'organisation, tempère cet optimisme : « La demande de voyages est restée élevée tout au long de 2025, malgré l'inflation dans les services touristiques et l'incertitude liée aux tensions géopolitiques. Nous anticipons que cette tendance positive se poursuivra en 2026, même si l'économie mondiale devrait rester stable et que les destinations encore en retard par rapport aux niveaux pré-pandémiques se rétablissent pleinement. »
Le dernier indice de confiance du tourisme de l'OMT, établi à partir d'une enquête auprès d'un panel d'experts, va dans ce sens : 58 % d'entre eux prévoient des performances meilleures, voire nettement meilleures, en 2026 qu'en 2025, tandis que 31 % anticipent des résultats similaires et seulement 11 % tablent sur une détérioration.
Les experts interrogés pointent néanmoins trois défis majeurs : les facteurs économiques, le coût élevé des voyages et les risques géopolitiques, considérés comme les principales menaces pesant sur le tourisme international en 2026. Si l'inflation générale a reculé à l'échelle mondiale en 2025, celle touchant les services liés au tourisme demeure supérieure aux normes historiques, poussant les voyageurs à rechercher le meilleur rapport qualité-prix.
Dans ce contexte contrasté, les perspectives favorables de l'économie mondiale et la baisse des prix du pétrole pourraient néanmoins stimuler les performances touristiques. À condition que les risques géopolitiques et les conflits en cours, ainsi que les tensions commerciales et les événements climatiques extrêmes, n'altèrent pas la confiance des voyageurs. Les grands événements internationaux, à l'instar des Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina 2026 et de la Coupe du monde de football prévue au Canada, aux États-Unis et au Mexique, devraient également contribuer à dynamiser les flux touristiques.
Pour Maurice, qui bénéficie d'une connectivité aérienne renforcée et d'une offre hôtelière en constante amélioration, ces perspectives augurent d'une nouvelle année de croissance, confortant la position de l'archipel parmi les destinations phares de l'océan Indien.