L'île Maurice confirme sa résilience et son attractivité sur l'échiquier touristique international. Les chiffres publiés par la Banque de Maurice le 4 février dernier attestent d'une dynamique particulièrement favorable pour le secteur, véritable pilier de l'économie nationale. Avec 103,351 milliards de roupies de recettes en 2025, contre 93,574 milliards en 2024, la destination affiche une croissance soutenue qui dépasse les prévisions les plus optimistes.
Cette progression remarquable s'inscrit dans un mouvement ascendant amorcé dès le printemps. Si les premiers mois de l'année ont connu un léger tassement par rapport à 2024 – notamment en janvier avec 8,553 milliards contre 9,162 milliards l'année précédente –, la tendance s'est inversée dès le mois d'avril. Le dernier trimestre s'est révélé particulièrement exceptionnel, avec des performances record en octobre (10,131 milliards), novembre (10,040 milliards) et surtout décembre, qui établit un nouveau sommet historique à 12,127 milliards de roupies.
« Pour moi, c'est une excellente nouvelle », s'est réjoui le ministre du Tourisme Richard Duval, balayant d'un revers de main les éventuelles critiques. « Évidemment, ceux qui voient le verre toujours à moitié vide trouveront quelque chose à redire », a-t-il ajouté, assumant pleinement la satisfaction que lui inspire ce bilan.
Au-delà des chiffres, c'est l'opportunité stratégique offerte par cette performance que le ministre entend saisir. « Le plus important, c'est que la performance record, que ce soit en termes d'arrivées et de recettes touristiques, nous donne un tantinet de répit qui va nous permettre, au ministère, de nous occuper d'autres aspects très importants du secteur touristique », a-t-il expliqué. Cette marge de manœuvre financière devrait permettre aux autorités de se concentrer sur des enjeux structurels : développement durable du tourisme, diversification de l'offre, formation du personnel ou encore amélioration des infrastructures.
La saisonnalité des flux touristiques reste néanmoins marquée. Si les mois de juin et février demeurent traditionnellement plus calmes – respectivement 6,956 et 7,237 milliards de roupies en 2025 –, la haute saison affiche une vigueur remarquable. Cette concentration soulève la question de l'optimisation de la fréquentation tout au long de l'année, un défi que le ministère entend désormais relever.
Malgré ces résultats flatteurs, le ministre du Tourisme refuse toute complaisance. « En tout cas, pas le temps de nous reposer sur nos lauriers ! », a-t-il conclu, conscient que la concurrence régionale demeure féroce et que la pérennisation de ces performances exigera innovation et vigilance constante. L'année 2026 s'annonce décisive pour confirmer cette trajectoire ascendante et transformer l'essai d'une année exceptionnelle.