La France, dernière digue européenne
Premier marché source de l'île, la France conforte sa position avec 29 901 visiteurs et une progression de 2,8 % sur un an. Une stabilité d'autant plus précieuse que l'Europe, prise dans son ensemble, recule de 15,5 %. Royaume-Uni, Allemagne, Autriche, Italie : les baisses sont franches, conséquence d'un climat économique plus tendu sur le Vieux Continent et d'une concurrence avivée entre destinations long-courriers. Dans ce contexte, l'attachement français à Maurice relève presque de l'exception culturelle.
L'Afrique et l'océan Indien, nouveaux moteurs
Le rééquilibrage vient d'abord de la région. L'Afrique progresse de 9,1 %, portée par une Afrique du Sud très active — 11 006 arrivées, en hausse de 9,3 % — et par une Réunion fidèle, qui gagne 4,9 %. La surprise vient de Madagascar, qui bondit de 26,2 % : signe que les voyageurs régionaux découvrent les vertus d'un court séjour insulaire, à quelques heures de vol seulement. Les hôteliers de la place ne s'y trompent pas et soulignent le caractère désormais stratégique de ces flux de proximité, jugés plus réguliers, plus prévisibles et moins exposés aux aléas mondiaux que les bassins lointains.
L'Asie accélère, l'Amérique crée la surprise
Sur l'autre versant du globe, le réveil asiatique se confirme : la zone gagne 5 % sur un an. L'Inde, désormais acteur de premier plan, atteint 5 821 visiteurs (+10 %), tandis que la Chine, toujours en phase de reprise post-pandémique, enregistre un bond de 51,5 %. Ces marchés, traditionnellement marqués par des séjours plus courts mais plus fréquents, pourraient devenir l'un des principaux relais de croissance des prochaines années. Plus inattendue encore, l'Amérique du Nord progresse de 42,6 %. Les volumes restent modestes, mais la dynamique ne trompe pas : selon les opérateurs réceptifs, la destination séduit une clientèle américaine sensible à la sécurité, au climat et à une offre hôtelière haut de gamme désormais bien identifiée.
Fidéliser les acquis, cultiver les relais
Au total, Maurice a donc accueilli 110 226 voyageurs en avril 2026, contre 119 850 un an plus tôt. Un repli de 8 % très majoritairement imputable à l'Europe, et largement amorti par la vigueur africaine, asiatique et américaine. Pour les professionnels du tourisme, la feuille de route est désormais limpide : consolider les marchés historiques — France en tête — tout en cultivant méthodiquement les bassins émergents. C'est à ce prix que l'île pourra conforter son statut de destination de référence dans l'océan Indien, dans un contexte mondial dont l'incertitude paraît s'installer durablement.