Il faut monter un étage. Avenue Mgr Leen, dans l’enceinte de la chapelle St Luc, La Fabrique de Notre-Dame du Rosaire a mis un bâtiment à la disposition de l’association, et c’est au premier que tout se passe : une cuisine pédagogique, un atelier de pratique de restauration, deux salles de classe, un bureau administratif. Aucune formation n’y est payante pour les bénéficiaires.
Le bureau porte la trace de ses origines. Claude Narain, O.S.K., qui le préside, a dirigé Constance Belle Mare Plage. Marc Tristan Marivel, secrétaire, ancien DRH du Groupe Constance, a passé plus de cinquante ans dans le secteur, notamment dans le développement des ressources humaines. Kamla Devi Makoond a été à la tête de l’École hôtelière Sir Gaëtan Duval, Eric Bell a piloté le Projet Employabilité Jeunes de Beachcomber, Ben Rommaldawo a occupé le poste d’Assistant Manager Exécutif de La Pirogue. La trésorerie revient à Bianca Armoogum, contrôleur financier du Conseil de district de Moka-Flacq, la présidence d’honneur au père Eddy Coosnapen, curé des paroisses de Notre-Dame du Rosaire et de St-Jean. D’autres contributeurs, aux compétences diverses, prêtent la main. Une phrase leur sert de boussole : « Ne laisser personne au bord de la route. »
C’est Marc Tristan Marivel qui a annoncé, le 1er octobre sur Facebook, l’enregistrement de l’ONG, montée avec « quelques amis anciens hôteliers ». Retraité, il s’y dit « reconnaissant du privilège que la vie m’a accordé de continuer à servir la communauté d’une manière différente », et promet d’y donner régulièrement des nouvelles de l’association.

Aucune sélection à l’entrée, un an de suivi
Le point de départ, les Volontaires de St Luc le décrivent eux-mêmes. Il existe dans les régions vulnérables « toute une population en marge du développement économique de notre pays qui ne demande qu’à s’en sortir ». En face, des hôtels qui, ces professionnels aguerris le savent, « peinent à recruter du personnel mauricien », avec des effets négatifs pour l’industrie touristique.
Le Programme Employabilité a été lancé pour combler ce fossé. Il s’adresse aux habitants des quartiers défavorisés de Vacoas, Quatre-Bornes, Rose-Hill et Beau-Bassin, mais aussi de Beaux-Songes, Bambous, Cascavelle et Flic-en-Flac. Le public visé va des adolescents qui ont quitté l’école aux femmes mûres souhaitant reprendre un travail maintenant que leurs enfants sont adultes. Depuis août 2025, le centre propose ses programmes assortis de stages dans des hôtels. L’association revendique une méthode innovante : le recrutement se fait de manière collaborative, personne n’est écarté au départ, et chaque bénéficiaire est suivi de près pendant une année entière. Au dernier pointage, selon elle, les participants sont bien intégrés et le programme porte ses fruits.
Un deuxième groupe ouvre la feuille de route fixée pour 2026. Viennent ensuite un programme « Entreprendre » destiné aux petits entrepreneurs, des cours de cuisine pour les ménagères, l’homologation du centre par la MQA, l’enregistrement de l’association auprès de la NSIF et des partenariats stratégiques avec d’autres institutions vocationnelles.

Une cuisine à refaire, des compétences à trouver
Ces ambitions passent par un chantier très concret. La cuisine pédagogique attend sa rénovation, de l’étanchéité à la peinture, du carrelage au sol et aux murs à la réparation des circuits électrique et de gaz. Il manque des équipements professionnels de préparation, de stockage, de cuisson et de service, du mobilier pour le bureau, pour l’atelier de restauration et pour les salles de cours. Ordinateurs, photocopieuse, projecteurs, écrans et sonorisation figurent aussi sur la liste, comme la création d’un centre de documentation et d’information à l’intention des formateurs et des bénéficiaires.
Pour couvrir une partie de ces dépenses, l’association projette d’organiser des ateliers de cuisine et de pâtisserie payants, la vente d’un menu de Pâques, des dîners de gala à l’intention des sponsors et des soirées dansantes pour le troisième âge. Ces recettes ne suffisent pas à tout financer, reconnaît-elle. D’où son appel aux sponsors, aux entreprises et aux donateurs individuels.

L’appel vise aussi les volontaires. Le centre recherche des profils en administration, pour la comptabilité et le secrétariat, et en entretien technique, qu’il s’agisse de peinture, d’eau, de gaz ou d’électricité. En éducation, les besoins vont de l’alphabétisation à l’accompagnement scolaire, en passant par le renforcement académique. Des formateurs en hôtellerie, en montage et gestion de petite entreprise seraient les bienvenus, tout comme des personnes formées au coaching et au travail social, ou prêtes à organiser des événements de levée de fonds et des activités de loisirs.
Les dons se font par virement sur le compte de l’association à la Mauritius Commercial Bank, agence de Quatre-Bornes, au nom de l’Association des Volontaires de St Luc, numéro 000453347045, en prévenant la trésorière par courriel à assvolontairesstluc@gmail.com. Les candidats au bénévolat peuvent écrire à la même adresse, appeler le 5 256 6641 ou se présenter au Centre St Luc, avenue Mgr Leen, les lundis, mardis, jeudis et vendredis, de 9 heures à midi.