Un montant qui tranche avec l'appareil de contrôle existant
Rs 25 millions, deux ans de prison : l'échelle de la peine détonne face aux moyens réellement déployés sur le terrain. Une seule équipe, celle de l'Albion Fisheries Research Centre, épaulée par la National Coast Guard, assure la surveillance du site depuis le 4 août. Aucun périmètre physique, aucun dispositif de filtrage du public n'a été annoncé. Le ministère mise sur le seul effet dissuasif du chiffre — une stratégie qu'Île Maurice Tourisme observait déjà en avril, à propos d'un tout autre dossier de faune marine : le débat sur la nage avec les dauphins avait alors révélé le même écart entre l'ambition réglementaire affichée et la faiblesse des effectifs disponibles pour la faire respecter en mer. Ici, la loi précède les moyens. Elle ne les remplace pas.
Une définition large de l'infraction, un animal précis
Le texte ne se limite pas au contact physique. Approcher, poursuivre, ou simplement « harceler de quelque manière que ce soit » suffit à constituer l'infraction, selon la formulation retenue par le ministère. Une définition volontairement extensive, pensée pour couvrir aussi bien le badaud qui s'avance pour une photographie que celui qui chercherait à repousser l'animal vers la mer. L'éléphant de mer austral, espèce dont la population mondiale se compte en centaines de milliers d'individus, niche habituellement à plusieurs milliers de kilomètres au sud de Maurice, sur les îles subantarctiques. Sa présence sur une plage mauricienne demeure suffisamment rare pour attirer du monde — et c'est précisément ce que la sanction cible.
Le ministère indique poursuivre le suivi de la situation « en collaboration avec les autorités concernées », sans préciser de calendrier.