Le matin se lève sans bruit. On dirait qu'il prend garde à ne pas réveiller le village trop tôt. La mer remue à peine. Quelques rides courent à sa surface, et la lumière s'y accroche comme elle peut. Au large, le Coin de Mire ne bouge pas — sentinelle de basalte plantée là depuis toujours, indifférente à l'heure. Les pêcheurs poussent leurs pirogues.
L'eau est froide ; on l'entend aux jurons étouffés, aux rires brefs. Le silence se fend, puis se recoud. Ça sent le filao, le sel, et quelque chose de plus lointain — peut-être un cari qui mijote déjà dans une cuisine, derrière les casuarinas. La peau prend le sel sans qu'on s'en aperçoive. Un matin comme celui-là, on ne le raconte pas vraiment ; on le vit.
— Par Jean-Joseph Permal
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