Pamplemousses, donc. Le nom désigne à la fois le district du nord de l’île où L’Aventure du Sucre a pris ses quartiers, à Beau Plan, et le jardin dont les collections se sont enrichies de plantes rapportées de l’expédition. L’exposition rattache ainsi Jeanne Barret à un sol où son passage a laissé une trace vivante.

Jeanne Barret en costume de marin. Gravure de Giuseppe dall’Acqua, extraite de « Navigazioni di Cook pel grande oceano e intorno al globo » (1816). Domaine public.
De l’expédition Bougainville aux collections de Pamplemousses
Il faut remonter à 1768. Cette année-là, Jeanne Barret débarque à Maurice, embarquée dans l’expédition de Bougainville aux côtés du naturaliste Philibert Commerson. Elle a franchi les océans sous des habits d’homme et récolté des plantes à chaque escale. L’île la gardera plusieurs années.
Plus de deux siècles et demi ont passé. Elle reste une actrice méconnue des sciences naturelles de son temps.
Île Maurice Tourisme l’avait inscrite en 2025 parmi les illustres voyageurs français qui ont forgé le mythe de l’île Maurice. Elle y côtoyait Philibert Commerson, qui choisit de rester sur l’île jusqu’à sa mort, et Pierre Poivre, nommé intendant des îles en 1767, qui fit du jardin de Pamplemousses un jardin botanique, devenu jardin botanique Sir Seewoosagur Ramgoolam. Toutes ces trajectoires convergent vers le nord de l’île, là où s’ouvre l’exposition.
D’une exploratrice du XVIIIe siècle aux scientifiques d’aujourd’hui
L’exposition est née de la collaboration entre L’Aventure du Sucre et Joshila Dhaby, et se veut immersive. La création artistique y rencontre la botanique, tandis que le récit d’exploration y nourrit un véritable travail de mémoire, pour restituer le parcours singulier de Jeanne Barret.
Le propos ne s’arrête pas au XVIIIe siècle. Des femmes scientifiques d’aujourd’hui, à Maurice comme ailleurs dans le monde, y trouvent aussi leur place. Ce sont des figures qui inspirent les générations futures, et leurs portraits prolongent, par-delà les siècles, celui de la passagère de Bougainville.
En 2027, le nom de Jeanne Barret sera gravé sur la Tour Eiffel, parmi ceux de 72 femmes scientifiques.
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