C'est l'un des spots les plus fréquentés du littoral mauricien. La plage publique de Tamarin, lovée à l'embouchure de la rivière du même nom, voit son trait de côte régresser de manière préoccupante. Le constat, dressé par le ministère de l'Environnement, de la Gestion des déchets solides et du Changement climatique, fait état d'une « aggravation significative » de l'érosion, particulièrement marquée aux abords de l'embouchure.
Un équilibre rompu
Le phénomène n'est pas inédit sur cette portion du littoral. Mais l'équation s'est compliquée. Selon le ministère, une « intervention humaine non autorisée », réalisée quelques mois plus tôt, est venue perturber un équilibre déjà précaire. Plusieurs visites de terrain, conduites avec les autorités compétentes et les habitants de la région, ont confirmé l'ampleur du recul.
Une concertation interministérielle
Pour arrêter une stratégie commune, une réunion s'est tenue mercredi 29 avril au ministère, en présence de l'ensemble des parties prenantes : la Beach Authority, le département de la Gestion intégrée des zones côtières, le département Continental Shelf, le conseil de district de Rivière-Noire, le ministère de l'Économie bleue, le Mauritius Oceanography Institute, la Water Resources Commission et le Forestry Service. À l'issue des échanges, un train de mesures rapides et temporaires a été validé pour stabiliser la zone et contenir les risques immédiats.
Désensablement et plantations
Les opérations démarrent ce jeudi 30 avril, à marée basse. Au programme : un désensablement ciblé et l'ouverture contrôlée d'un passage à l'embouchure pour faciliter l'écoulement des eaux, ainsi que des actions de stabilisation du littoral, dont la plantation d'essences adaptées. Une équipe technique sera déployée sur place pour superviser les chantiers en temps réel et veiller au respect de l'environnement.
Le ministère insiste : il s'agit là d'une « réponse immédiate et transitoire ». Des solutions plus durables, appuyées sur des analyses approfondies, sont à l'étude. Et de rappeler, en filigrane, que toute intervention non autorisée sur le littoral demeure strictement interdite sans les permis requis — un appel à la responsabilité collective pour préserver un site naturel fragile.