Le format retenu cible directement les segments les plus exposés du parc d'hébergement, que le programme de la Tourism Authority entend accompagner vers des standards environnementaux plus robustes. Il s'agit, selon les organisateurs, de déployer des stratégies opérationnelles susceptibles de renforcer la résilience du secteur et de faire progresser la vision mauricienne d'un tourisme plus vert et responsable.
Une érosion qui menace près de neuf hôtels sur dix
Devant les participants, Sydney Pierre a affirmé que la protection de l'environnement et la préservation de la biodiversité ne relèvent pas seulement d'un impératif écologique — elles conditionnent aussi la résilience et la rentabilité des entreprises touristiques. Il a cité le World Risks Report 2023, dont l'avertissement est sans détour concernant l'érosion des plages du pays. Cinquante ans. C'est l'horizon que fixe le rapport pour la disparition de la moitié du littoral mauricien — une perspective que le ministre junior a qualifiée de catastrophique pour l'avenir du secteur.
Le constat prend un relief particulier dans un pays où près de 90 % des établissements hôteliers sont implantés en zone côtière. Maurice, classée parmi les petits États insulaires en développement par les Nations Unies, concentre historiquement son offre touristique sur son littoral — une configuration qui expose mécaniquement l'essentiel du parc hôtelier aux risques identifiés par le rapport. Sydney Pierre a insisté sur l'urgence de revoir les pratiques actuelles : efficacité énergétique, gestion de l'eau, réduction des déchets, approvisionnement local et recours aux énergies renouvelables figurent, selon lui, parmi les leviers incontournables.
Repenser la valeur du tourisme plutôt que son seul volume
Le ministre junior a par ailleurs souligné que l'empreinte environnementale laissée par les visiteurs dépasse, à Maurice, celle de la population résidente, en raison de leur consommation de foncier, de ressources et d'énergie. Sa réponse tient moins dans la limitation des arrivées que dans la nature du séjour proposé : miser sur la qualité, la durabilité et la valeur ajoutée de l'offre touristique, à travers le développement d'expériences culturelles locales authentiques et l'encouragement des dépenses directes dans l'économie mauricienne.
C'est cette bascule vers un tourisme à haute valeur, plutôt qu'à haut volume, que la Tourism Authority et l'OIF entendent désormais traduire en pratiques concrètes auprès des plus petits opérateurs du secteur.
Reste à savoir comment les exploitants de résidences, guest houses et petits hôtels, en première ligne sur le littoral, s'approprieront ces orientations dans leur gestion quotidienne.