Il n'était pas encore midi lorsque Tejasswi Prakash posait ses bagages à Mumbai. « Je suis rentrée le matin et je suis allée directement sur le tournage depuis l'aéroport », dit-elle, comme si la chose allait de soi. Vingt-quatre heures à peine après avoir quitté Maurice, l'actrice n'affiche pourtant aucune fatigue. Elle porte encore, dans la voix, quelque chose de l'embruns et du large — cette énergie particulière que procurent les voyages auxquels on s'est donné entièrement.
Sous la surface
Tout avait commencé au fond de l'Océan Indien. Casquée, posant un pied devant l'autre sur le plancher marin, Tejasswi Prakash a découvert la sea walk, cette promenade immergée où l'on progresse à pied parmi les poissons, dans un silence habité. « J'avais l'impression d'être dans l'espace », confie-t-elle. Ni snorkeling ni plongée avec bouteilles — quelque chose d'autre, de plus lent, de plus étrange. « On marche vraiment. L'eau ne vous porte pas vers la surface. C'est une sensation entièrement différente. »
Puis vinrent les dauphins. Des speedboats traquant des pods d'une vingtaine d'individus au large, et soudain, le signal : tout le monde à l'eau. « On nous a littéralement jetés dans la mer ! » raconte-t-elle, mi-riant, mi-incrédule. Il fallait nager vite, suivre le rythme des cétacés, guetter le moment où ils remontaient à la surface pour les rejoindre. « Quand ils surgissaient, on plongeait et on nageait à leur côté. C'était hors du commun. »
L'eau, décidément, ne l'a pas lâchée. Parasailing au-dessus de l'Océan Indien — apprenant à tirer sur les commandes gauche et droite pour s'orienter dans les airs —, puis tube ride : une bouée gonflable tractée à toute vitesse, dans des trajectoires imprévisibles. « Si vous lâchez prise, vous êtes projetée dans l'eau, dit-elle. On prie littéralement pour que les mains ne glissent pas. »

Le vertige du pont de bois
À terre, les sommets ont pris le relais. Dans un parc d'aventure aménagé entre deux montagnes, Tejasswi Prakash a choisi, parmi deux passerelles népalaises, la version en bois — la plus instable, la plus oscillante. « Il y en a une en métal et une en bois. Celle en bois vacille. Évidemment, j'ai choisi celle-là », dit-elle avec un sourire que l'on devine volontiers espiègle. Parvenue au milieu du pont, face au vide et aux balancement du tablier, elle a compris qu'il n'y aurait pas de demi-tour. « Arrivée au centre, personne ne vient vous chercher — vous devez traverser par vos propres moyens. »
Restait le clou du spectacle : une tyrolienne présentée comme la plus longue de l'Océan Indien, offrant une traversée aérienne au-dessus de vallées et de frondaisons, corps tendu, tête en arrière, le paysage s'étirant et se resserrant en contrebas dans une succession de plans vertigineux.

Manger avec les locaux, vivre à leur rythme
Mais l'île Maurice, pour Tejasswi Prakash, n'est pas qu'un terrain de jeu sportif. C'est aussi une île à déguster. Le dholl puri — cette galette de farine de pois cassés, cousin salé du puran poli maharashtrien — est devenu un incontournable de son séjour. Elle a mangé du poisson cru façon japonaise, des palourdes grillées à la braise sur une plage, et bu de la Phoenix, la bière locale qu'elle recommande sans réserve.
Sa règle de voyage est immuable : ne pas s'en remettre aux algorithmes des réseaux sociaux, mais aux habitants. « Je parle toujours aux gens du coin, dit-elle. Demandez-leur où aller. Ce n'est pas obligé d'être chic — ça peut être un troquet sans prétention. » Elle ajoute, sans nostalgie de l'hôtel de luxe : « Je me fiche de la chambre. Je n'y suis presque jamais. »
Maurice, île de l'Océan Indien où la présence indienne remonte à plus de deux siècles, lui a réservé une reconnaissance inattendue. Son chauffeur — Mauricien de cinquième génération d'ascendance indienne — ne savait plus de quelle région de l'Inde venaient ses ancêtres, mais parlait couramment hindi et connaissait ses séries télévisées. « Certains avaient regardé toutes mes émissions ! » dit-elle, encore surprise de cette familiarité traversant l'océan.
Les souvenirs qui tiennent dans une valise
Tejasswi Prakash ne rentre jamais les mains vides. À Maurice, elle a rapporté du sucre — dans toutes ses déclinaisons, cette île sucrière en propose une dizaine —, des produits de soin locaux et un rhum mauricien à la passion, avec ses graines qui flottent dans la bouteille. Et, fidèle à son habitude, un magnet de réfrigérateur. « À chaque fois que j'ouvre mon frigo, j'aime être rappelée à tous les endroits où je suis allée », dit-elle. « Il est bien rempli, ce frigo. »
Lorsqu'on lui demande ce qui fait, selon elle, un voyage réussi, la réponse fuse, sans hésitation : « Ce qui fait un bon voyage, c'est vous. Si vous avez l'esprit ouvert, si vous accueillez les idées nouvelles, les cultures, les gens, les langues, la nourriture — vous pouvez vivre une belle expérience n'importe où. »
De retour sur ses plateaux de tournage, Tejasswi Prakash prépare maintenant avec son compagnon, l'acteur Karan Kundrra, une nouvelle aventure — d'une autre nature : leur participation à Desi Bling, une émission de téléréalité à venir sur Netflix. La mer attendait. L'écran aussi.
Source : The Hollywood Reporter India, édition de mars 2026 — article signé Anuja Bhatt, publié le 23 mars 2026.