Les recettes touristiques mauriciennes ont franchi un seuil symbolique. Selon les statistiques publiées par la Banque de Maurice, l'industrie a généré 9,564 milliards de roupies au mois de mars 2026, soit 1,77 milliard de plus qu'en mars 2025. Sur le premier trimestre, le secteur totalise 30,19 milliards de roupies de devises rapatriées, contre 23,6 milliards un an plus tôt — une hausse de près de 28 %.
Une dynamique antérieure au conflit iranien
Pour le ministre du Tourisme, Richard Duval, ces chiffres confirment une trajectoire ascendante installée avant l'éclatement de la guerre en Iran. « Maurice était sur une rampe de lancement avant que n'éclate la guerre en Iran », souligne-t-il. Le conflit, dont les répercussions sur les liaisons aériennes commençaient à se faire sentir dès le mois de mars, n'a donc pas encore pesé sur l'essentiel des recettes du trimestre. Le ministre n'en relève pas moins la solidité de la performance dans un environnement régional dégradé. « Maurice, encore une fois, a montré plus de résilience que ses concurrents de la région », observe-t-il, sans nommer ces derniers.
La diversification, « principale force » du modèle
Au-delà de la conjoncture, Richard Duval attribue ce résultat à la stratégie de diversification des marchés émetteurs engagée depuis plusieurs années. « Quand certains marchés connaissent un coup de mou, d'autres connaissent un regain d'énergie. C'est notre principale force », fait-il valoir. La compensation entre marchés affaiblis et marchés en expansion permettrait à la destination de lisser les chocs externes. Autre signal jugé favorable par le ministre : la dépense par visiteur. « Un calcul sommaire laisse penser que le montant des dépenses par touriste a aussi légèrement augmenté », note-t-il, sans toutefois communiquer de chiffre précis.
Mars sauvée par les deux premiers mois
Côté arrivées, le tableau est plus contrasté. Janvier et février ont enregistré, selon Richard Duval, « deux excellentes performances », tandis que mars n'a progressé que de 1,3 % — un score qu'il juge néanmoins « bon compte tenu de la situation » au Proche-Orient. Les chiffres consolidés des arrivées du mois d'avril, attendus dans les prochains jours, livreront une première mesure des effets concrets du conflit sur la fréquentation. Ils diront, surtout, si la résilience saluée par le ministre tient encore face à un choc géopolitique désormais pleinement installé.