Une corde lancée vers une victime. Une portière qu’on force pour dégager un occupant coincé dans son véhicule. Sur le front de mer, les secouristes ont rejoué les gestes d’une journée de pluie qui tourne mal : techniques de base de sauvetage à la corde, évacuation de blessés en pleine inondation, premiers soins administrés sur place. La matinée était organisée par le National Disaster Risk Reduction and Management Centre (NDRRMC), sous l’égide du Prime Minister’s Office, en présence notamment de la lord-maire de Port-Louis, Christelle Pondard.
Tunnels rehaussés, barrières contre la crue
Le Caudan a changé, et une partie de ce changement se joue sous terre. Manilall Seetohul, Chief Executive Officer de Landscope Mauritius, a passé en revue les mesures prises pour réduire le risque d’inondation sur le site. Les passages souterrains nord et sud, que Port-Louisiens et visiteurs empruntent pour gagner le front de mer, ont été mis à niveau afin de limiter les entrées d’eau. Des barrières anti-crue ont été installées. Le réseau de drainage, lui, a été amélioré. Il a également tenu à rassurer : des dispositions sont prises pour offrir un abri sûr aux personnes présentes dans le secteur si les eaux venaient à monter.
La capitale sait ce que coûtent ces eaux-là. Le 30 mars 2013, des pluies torrentielles s’abattaient sur Port-Louis et onze personnes perdaient la vie dans les inondations éclair.
« Resilience Starts at Home »
Premanand Budhoo, Officer-in-Charge du NDRRMC, a rappelé ce dont sont capables les pluies diluviennes et les crues éclair. Elles menacent des vies et abîment les infrastructures, sans compter les moyens de subsistance qu’elles bouleversent. La préparation, insiste-t-il, commence bien avant l’urgence, dans les foyers comme dans les quartiers. Il s’est appuyé sur le thème retenu cette année pour la Journée internationale de la réduction des risques de catastrophe, « Resilience Starts at Home », pour inviter le public à prendre les avis d’alerte au sérieux, à connaître les risques propres à sa localité et à se familiariser avec les dispositifs d’évacuation.
Côté secours, rien ne s’improvise. Une intervention efficace suppose des équipes bien équipées et correctement formées, mais aussi une coordination étroite entre les agences concernées. Les exercices pratiques permettent aux intervenants d’affûter leurs compétences et d’apprivoiser le matériel. Ils y gagnent surtout l’assurance nécessaire pour décider juste quand la pression monte. Premanand Budhoo a donc plaidé pour des formations régulières, la révision des plans d’urgence et une sensibilisation qui ne retombe pas, la préparation restant à ses yeux un effort de chaque instant.