Le 18 mars dernier, une vingtaine de membres des équipes du Constance Le Chaland Iko Mauritius se sont retroussé les manches sur les rives de Blue Bay. En une seule journée, plus de 200 kilogrammes de déchets ont été récoltés aux abords de l'établissement — effort ponctuel, mais révélateur d'un état d'esprit qui irrigue désormais l'ensemble des opérations du resort. À cela s'ajoutent 600 kilogrammes de microplastiques et de déchets côtiers collectés entre février et décembre 2025, témoignant d'une mobilisation bien antérieure au seul temps fort médiatique du Global Recycling Day. La cantine des employés a par ailleurs instauré ce jour-là un « No Bin Day », invitant chacun à ne prendre que ce qu'il consomme — geste symbolique, mais porteur d'un message que la direction souhaite ancrer dans les réflexes quotidiens.
Un ancrage écologique au cœur d'un territoire exceptionnel
La démarche du Constance Le Chaland ne s'explique pas uniquement par une sensibilité institutionnelle aux tendances du tourisme responsable. Elle tient d'abord à la géographie. Implanté à plus de cent mètres du littoral, sur la côte sud-est préservée de l'île Maurice, à proximité du Blue Bay Marine Park, l'établissement évolue au sein d'un environnement côtier d'une richesse écologique rare — et d'une fragilité proportionnelle. Dunes vierges, mangroves, récifs coralliens, faune marine protégée : le resort s'est constitué, dès son ouverture, en gardien d'un patrimoine naturel qu'il exploite sans prétendre en être propriétaire.
C'est dans cet esprit qu'a été lancé, en partenariat avec la Currimjee Foundation, un programme de culture de coraux dans le lagon. Contribuant à la restauration des écosystèmes marins, l'initiative bénéficie aussi à la clientèle de l'hôtel, qui peut explorer, aux côtés d'un biologiste marin, une biodiversité sous-marine en pleine régénération.
Gabriel Juneau en compagnie de ses collaborateurs
Des chiffres qui parlent, une gouvernance qui structure
Au-delà des gestes visibles, c'est la rigueur des dispositifs internes qui distingue Constance Le Chaland d'un simple hôtel engagé dans la communication verte. Un Comité de la Durabilité se réunit chaque mois pour évaluer les performances environnementales du resort, analyser les risques émergents et définir des plans d'action concrets. « La durabilité fait véritablement partie de notre ADN », affirme Gabriel Juneau, General Manager de l'établissement, pour qui cet engagement se traduit non seulement en actions collectives, mais en formation systématique de chaque membre du personnel.
Les résultats sont mesurables. En matière de gestion des déchets organiques, le partenariat avec BiobiN a permis de valoriser plus de quinze tonnes de matières transformées en compost, réutilisé ensuite dans les espaces verts et les plantations de l'hôtel. Sur le front énergétique, un suivi rigoureux des systèmes de climatisation et de production d'eau chaude, couplé à des mesures de limitation des consommations dans les chambres inoccupées, a abouti en 2025 à une réduction de 12 % de la consommation électrique — chiffre significatif pour un resort de cette envergure.
Vers une certification internationale et un luxe pleinement responsable
Pour 2026, l'ambition monte d'un cran. Le resort s'est fixé des indicateurs de performance clés visant à réduire encore ses consommations d'énergie et d'eau, tout en élargissant la proportion d'employés formés aux pratiques durables. La candidature à la certification internationale Green Globe — qui exige la conformité à plus de 300 critères couvrant l'ensemble des opérations hôtelières — traduit la volonté d'inscrire cette démarche dans un cadre de reconnaissance mondial.
Constance Hotels & Resorts, déjà lauréat des Green Globe Platinum Awards et signataire de la Global Tourism Plastics Initiative, adosse l'ensemble de ces efforts à une politique RSE structurée autour de huit piliers. Des programmes comme Sustainable September ou l'Echo Privilege Club associent également la clientèle à cette dynamique, à travers des initiatives concrètes de protection des récifs, de préservation des mangroves ou de reforestation. Depuis 2020, le groupe revendique plus de 165 actions durables menées à travers ses différentes adresses.
« Nous voulons montrer que l'hôtellerie de haut niveau peut et doit être responsable, durable et bénéfique pour tous », conclut Gabriel Juneau. Une conviction que le Constance Le Chaland traduit, saison après saison, en actes vérifiables — loin de la seule rhétorique du greenwashing.