Une certification comme cap stratégique
C'est à l'orée de Flic en Flac, à Wolmar, que Sands Suites Resort & Spa a fait de la durabilité une affaire structurante. En 2020, l'établissement a obtenu sa certification Green Globe, référentiel international qui audite la performance environnementale et sociale des hôtels et resorts. La direction ne s'en cache pas : « Protégeons notre planète pour les futures générations », résume le document institutionnel, qui place l'engagement écologique en tête de feuille de route.
Loin d'un affichage isolé, la stratégie s'organise autour de quatre piliers — environnement, socioculturel, qualité de service, santé-sécurité —, dans la grammaire même de la certification.
Énergie, eau, déchets : le triptyque environnemental
Sur le volet environnemental, l'optimisation énergétique constitue le premier chantier. La consommation d'électricité demeure, dans l'hôtellerie tropicale, l'un des principaux postes de dépense — climatisation, eau chaude sanitaire, restauration, blanchisserie. La direction y voit un double gain : « une gestion efficace réduit les coûts et améliore le confort, favorisant la fidélité des clients », pose le plan d'action.
L'eau fait l'objet d'une attention équivalente. La température sanitaire est calibrée à 60 °C, seuil retenu pour neutraliser les agents bactériens — la légionellose au premier rang — sans compromettre le confort. Les infrastructures sont mises à niveau pour limiter les pertes.
La gestion des déchets, elle, repose sur un principe simple : réduire à la source, valoriser en aval. L'hôtel s'appuie sur Reso Green Ltd, entreprise mauricienne qui collecte les bouteilles PET, les broie en flocons et les exporte pour transformation en fibres de polyester. Les huiles de cuisine usagées partent, de leur côté, chez BIOIL Ltd pour être converties en biocarburant — un circuit qui répond à un enjeu sanitaire autant qu'écologique.
De la chambre à l'assiette, une chaîne d'achat repensée
Dans les suites, la mue est visible. Sacs et pantoufles sont confectionnés à partir de matériaux recyclés ; les produits d'accueil ont migré vers des contenants réutilisables. Plus emblématique encore, la bouteille Be Eau — composée d'un matériau d'origine végétale, certifiée NFU 44-051 et compostable en milieu agricole — affiche, selon l'hôtel, une empreinte carbone inférieure de 80 % à celle d'une bouteille plastique classique.
À table, le partenariat noué avec Vivreau permet d'embouteiller l'eau sur place dans des flacons en verre réutilisables, court-circuitant la chaîne logistique du verre neuf. Ustensiles, contenants, pailles et touilleurs sont biodégradables ; la cuisine en live est privilégiée pour contenir le gaspillage alimentaire. Sacs en papier, fin des emballages plastiques, suppression des rubans : la boutique a opéré la même translation.
Un ancrage communautaire au-delà des murs
L'établissement entend également peser sur son écosystème immédiat. Au composteur, les épluchures, restes de fruits, de légumes, de café et résidus de jardinage sont valorisés en amendement organique pour les jardins du complexe — irrigués, eux, par les eaux usées traitées. La fourniture en déchets alimentaires destinée aux éleveurs locaux, suspendue en raison des protocoles sanitaires liés à la pandémie de Covid-19, doit reprendre sous contrôle qualité.
Sur le plan social, le partenariat avec le Village SOS Bambous se traduit par des déjeuners réguliers organisés pour les enfants. Avec le conseil de village de Flic en Flac, l'hôtel entretient l'aire de jeux, accueille les aînés de la commune autour de repas, et soutient les initiatives locales d'embellissement. Les draps, oreillers, couvertures et uniformes hors d'usage, enfin, sont remis à Caritas Île Maurice, qui les redistribue aux foyers démunis.
La formation, ciment du dispositif
Reste un volet souvent décisif : l'humain. La direction l'assume sans détour : « notre succès en tant qu'hôtel durable dépendra de notre engagement et de notre contribution », pose le document interne. Concrètement, chaque nouvel employé est formé au volet développement durable dès l'intégration, et des sessions de mise à niveau ponctuent le parcours professionnel. Un code de conduite éthique est intégré aux contrats — manière d'aligner pratiques individuelles et engagements institutionnels.
L'équité économique passe, elle, par des mobilités internes et la participation à des salons de l'emploi. Fêtes nationales célébrées dans l'enceinte, artisanat mauricien mis en avant à la boutique : autant de signaux destinés à inscrire la durabilité non comme un argument marketing périphérique, mais comme une grammaire opérationnelle.
À Wolmar, le pari paraît clair : faire du Green Globe moins un label affiché que le fil rouge d'un modèle hôtelier — appelé à se diffuser, à mesure que la clientèle internationale serre son cahier des charges environnemental.