Routes publiques, sites touristiques, monuments historiques : rien n'échappera à l'objectif. Une fois traitées, les images rejoindront Google Maps et Google Earth, où elles resteront consultables par quiconque, n'importe où dans le monde, veut arpenter virtuellement l'île avant d'y poser le pied.
Un angle mort dans le paysage numérique
L'anomalie avait de quoi surprendre. Maurice jouit d'une réputation internationale solide en tant que destination insulaire de premier plan, et pourtant son réseau routier, ses quartiers, ses lieux emblématiques n'existaient pour Google Maps qu'en plan, jamais en image au niveau de la rue. Lancé par Google en 2007, l'outil couvre aujourd'hui plus de cent pays ; Maurice en était l'une des absentes notables. Un vide d'autant plus sensible que les voyageurs, avant de choisir puis de planifier leurs vacances, s'appuient de plus en plus sur la recherche en ligne. Le projet vise précisément cela : offrir un aperçu authentique des destinations, quartiers, attractions et itinéraires, pour des décisions de voyage mieux informées. Au-delà du tourisme, il doit aussi améliorer l'accessibilité numérique du pays en constituant un état des lieux visuel précis de ses infrastructures routières et de ses espaces publics.
Des retombées qui dépassent le secteur touristique
Pour les hôtels, guesthouses, restaurants et opérateurs touristiques, l'imagerie constitue un outil promotionnel supplémentaire, qui les rend davantage repérables sur Google Maps et Google Search — de quoi améliorer l'engagement client tout en donnant à voir, avec plus de transparence, leur environnement immédiat. Pour les visiteurs, la plateforme facilite la préparation du séjour en permettant de se familiariser avec une destination avant même d'y arriver. Les résidents et usagers de la route, eux, bénéficieront d'une navigation et d'une planification d'itinéraires facilitées. L'imagerie devrait également servir de ressource pour l'urbanisme, la gestion des infrastructures, le suivi environnemental et la réponse aux situations d'urgence.
Le directeur de la MTPA, Benoît Harter, resitue le projet dans une logique plus large : selon lui, le voyage commence bien avant l'embarquement, à une époque où les futurs visiteurs explorent, comparent et cherchent à se rassurer en ligne avant de trancher. Street View permet à Maurice de « se présenter telle qu'elle est », résume-t-il, transformant une infrastructure physique en accessibilité numérique mondiale — un legs dont profiteront, à terme, résidents, entreprises et industrie touristique.
La confidentialité reste un impératif du protocole : conformément aux standards établis par Google, les visages et les plaques d'immatriculation seront automatiquement floutés avant toute publication.
Les renseignements sur le calendrier des prises de vue restent disponibles auprès de la MTPA, par courriel à mtpa@intnet.mu ou par téléphone au 203 1900.
