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Île Maurice Tourisme

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7 juillet, 2026

Portrait / De l'île Maurice aux fonds marins de France : Sheetul Pensec, plongeuse scaphandrier

Une Mauricienne originaire de Mesnil est devenue l'une des rares femmes plongeuses scaphandrier à avoir opéré sur des chantiers offshore en Afrique et aux Émirats arabes unis, dans un secteur où les femmes restent aujourd'hui encore largement minoritaires. Instructrice, mère de trois enfants, Sheetul Pensec, née Seetohul, a construit ce parcours loin de son île natale, entre l'Allemagne, la Bretagne et les plateformes pétrolières du monde entier.

Portrait / De l'île Maurice aux fonds marins de France : Sheetul Pensec, plongeuse scaphandrier

Mesnil Government School, puis le Hindu Girls College. L'école maternelle de Saint-Paul, dont le bâtiment, précise-t-elle, trône encore dans le village. Des ambitions encore floues à l'époque, partagées entre l'enseignement du hindi et les plateaux de télévision. C'est de cette enfance mauricienne que part Sheetul Pensec, avant qu'un tout autre chemin ne s'impose à elle, loin de l'île.

À 23 ans, elle quitte Maurice pour l'Allemagne — jeune fille au pair d'abord, puis étudiante en philologie allemande, avant d'ajouter à ce parcours universitaire un DEUG de droit. Rien, à ce stade, ne laisse présager la suite. La vie la conduit ensuite en Bretagne. C'est là que tout bascule.

Une peur tenace de l'eau et de la mer
À Plougasnou, lors d'un baptême de plongée, Sheetul découvre un monde qu'elle avait longtemps redouté : enfant, confie-t-elle, elle éprouvait une peur tenace de l'eau et de la mer. La rencontre, pourtant, est immédiate. Ce monde extraordinaire caché sous la surface, dit-elle, la fascine dès la première immersion. Elle enchaîne les niveaux 2 et 3, s'initie à la photographie sous-marine. Puis vient le Salon de la Plongée à Paris. Un baptême en casque de scaphandrier. La décision, cette fois, ne se discute plus : ce sera le métier de plongeuse scaphandrier.

La formation, elle, ne laisse aucune place à l'approximation. Niveau 3 de plongée loisir. Permis bateau. PSE1. Condition physique irréprochable. Examens médicaux hyperbares. Sheetul franchit chacun de ces prérequis, l'un après l'autre. Elle apprend à souder, à manier des machines hydrauliques, à opérer des levages, à travailler en combinaison étanche et avec des équipements de protection contre la pollution — un métier technique autant que physique. Seule femme de sa promotion, vraisemblablement seule Mauricienne aussi, elle évolue dans un univers qu'elle qualifie elle-même de traditionnellement masculin, où il faut souvent, reconnaît-elle, faire davantage ses preuves pour être acceptée et reconnue. Loin d'en garder de l'amertume, elle affirme au contraire que cette réalité n'a fait que renforcer sa détermination.

Diplômée scaphandrier, Sheetul enchaîne les chantiers à travers le monde : plateformes offshore, missions en Afrique, contrats aux Émirats arabes unis. Soudage, inspection, pose de mouillages, opérations de découpe — des interventions techniques et physiquement exigeantes, menées le plus souvent au sein d'équipes exclusivement masculines. Ce métier, résume-t-elle, lui a appris à se dépasser, à gagner en confiance et à croire en ses propres capacités. Aujourd'hui, elle est également instructrice en plongée loisir : le cercle ouvert un jour à Plougasnou se referme.

Préserver les mers pour les générations futures
L'île Maurice, dont le lagon et les récifs coralliens bordent la quasi-totalité du littoral, occupe désormais une place particulière dans cette trajectoire. Sheetul reconnaît ne pas en avoir profité enfant. « Je n'en profitais pas quand j'étais enfant », dit-elle. « Maintenant, je plonge et j'admire la beauté exceptionnelle de nos fonds marins. » Un trésor découvert tard, mais avec d'autant plus d'intensité. Sa maison de Quimper porte un nom qui ne doit rien au hasard : Le Dodo, hommage discret mais résolu à l'île qui l'a vue naître. Ses trois enfants, Enora, Alwena et Trevor, plongent eux aussi.

La protection des océans s'est imposée, au fil des années, comme une cause qui lui tient particulièrement à cœur. Elle dit essayer de sensibiliser son entourage à l'importance de préserver les mers pour les générations futures — une conviction forgée par des années passées à observer, sous la surface, ce que la mer recèle, et ce qu'elle risque de perdre. Elle conclut, sans détour : « Je suis une Mauricienne fière de son métier, et je le resterai toujours. »

 

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