Talents Mauriciens : (1) Lutchmee Vythilingum, Restaurant Manager au Ritz Carlton à Doha (Qatar)

Talents mauriciens ! Une série unique consacrée aux Mauriciens qui se sont expatriés avec succès dans le domaine du tourisme à travers le monde. Entre fierté et sacrifices, espoirs et réussites, une plongée inspirante dans la vie de ceux et celles qui font briller l'île Maurice à l'étranger. C’est Lutchmee Vythilingum, Restaurant Manager au Ritz Carlton à Doha au Qatar qui inaugure cette rubrique.

1. Pourquoi avoir choisi le tourisme ?
Étant donné que l’île Maurice est un endroit touristique par excellence, mon choix s’est naturellement porté sur ce secteur.


2. En quoi consiste votre métier ?


Je suis Responsable de Salle


3. Quelle formation avez-vous suivie ?
J’ai été formée sur le tas. J’ai rejoint Hilton en tant que « trainee » et j’ai gravi les échelons à partir de là.

4. Quel a été votre parcours professionnel ?
J’ai commencé comme stagiaire en 2008 comme hôtesse d’accueil. J'ai été promu caissière et ensuite on m’a proposé de devenir serveuse. J’ai ensuite été « Captain ». J’ai travaillé pendant 4 ans et demi au Hilton Mauritius Resort.

J’ai ensuite mis le cap sur Dubaï où j'ai rejoint le One & Only The Palm en tant qu’In room dining Captain. On m’a ensuite promu en tant qu’In charge of Banqueting Events. Je suis restée 3 ans à cette hotel. J'ai ensuite rejoint le Djibouti Kempinski Palace en Afrique comme Assistant Restaurant Manager. J’ai travaillé pendant 8 mois là-bas et j'ai rejoint mon mari à Doha en 2016. J’ai rejoint une firme canadienne et j'ai travaillé pendant 2 ans dans un restaurant le « Shakespeare and Co » Doha.
J’ai eu, ensuite, l’opportunité de rejoindre Intercontinental Doha the city ou J'ai été recruté comme Restaurant Manager pour ouvrir une boulangerie et pâtisserie française. En 2019 le Covid oblige, j’ai perdu mon emploi et j’ai rejoint le Ritz Carlton Doha jusqu’à présent en tant que restaurant Manager pour un Restaurant Français (Sel & Miel).


5. Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l'exercice de votre métier ?


Le fait de n’avoir pas pu être diplômée m’a mis rendu les choses plus difficiles mais l’expérience acquise ma beaucoup aider a avancer.

6. Quels conseils donneriez-vous à quelqu'un qui voudrait se lancer dans le tourisme, surtout dans votre spécialité ?

La nouvelle génération doit arrêter de penser à l'argent. Il faut aimer ce métier et persévérer pour y arriver.

7. Pourquoi avoir choisi de vous expatrier ?
À l'île Maurice après 5 ans je n’entrevoyais toujours pas une seule possibilité d’avoir une promotion ou d’avoir une exposition dans le groupe. En faisant un seul entretien à Dubaï j’ai rejoint Dubaï j’ai One & Only The Palm et j’ai eu trois promotions en trois ans.

8. Est-il facile de vivre et de travailler à l’étranger ?
Au début ce n'est pas facile d'être loin. Quand j’ai quitté le pays j’avais 22 ans et c’était très difficile de vivre seule. Mais on finit par s’y habituer. Et si on a un travail que l’on aime, les choses se passent bien. Il faut aussi dire que le fait de rencontrer des amis mauriciens qui mon beaucoup encourager (Hema, Vanessa, Ghevish, Christelle, Neha, et Celia, entre autres) m’a beaucoup encourager à persévérer et atteindre mes objectifs.

9. Comment s’est passée votre adaptation à un nouvel environnement culturel et au style comportemental de pays d’accueil. ?
Ce fut très difficile de se retrouver dans un pays arabe où la culture est différente. La tenue vestimentaire, la chaleur, les horaires, ce n’a pas été facile de s’adapter. Mais on y arrive avec de la volonté et en acceptant les codes du pays dans lequel nous vivons.



10. Quel est le sacrifice le plus important que vous avez dû faire pour vivre votre métier à l’étranger ?

De rester loin de ma maman, de mon frère et de mon fiancé. Ça été très dur.

11. Pourquoi est-ce que le savoir-faire mauricien s’exporte aussi bien ?
Les Mauriciens sont bilingues au minimum, c’est un grand avantage. Nous sommes aussi bien formés à notre métier et nous avons la volonté de réussir. Notre savoir-faire est très vite reconnu.

12. Reviendrez-vous partager votre expérience au pays ?
Oui je reviendrai, un jour, partager ce que j’ai appris au pays

13. Quelle a été votre plus grande satisfaction professionnelle ?
D’avoir obtenu le titre de Meilleur Employée de l’année.


14. Quel regard portez-vous sur l’industrie touristique mauricienne ?
Le potentiel est énorme. L’île Maurice et son industrie touristique ont tout pour rayonner à travers le monde. Je suis en tout cas très fier d’être mauricienne et je le clame sur tous les toits partout où je vais.

15. Si vous deviez choisir un slogan pour l’île Maurice ?
Plaisir de vivre


16. Une bonne idée que l’on pourrait appliquer au monde du travail mauricien que vous avez retenu lors de votre expatriation ? 

Le respect des employeurs qui est permanent vis-à-vis des employés. Envisager de donner une vraie formation de 30 jours au nouvel employé avant de le lancer dans le bain.

17. Quel conseil donnerez-vous à un jeune qui est intéressé par les métiers du tourisme ? 

Que c’est un métier ou on apprend tous les jours et on acquit beaucoup d’expérience. Ne jamais se décourager car les promotions n’arrivent pas tous les 6 mois. Enfin de ne pas hésiter de tenter l’expérience à l’étranger, l’exposition est d’une richesse insoupçonnable.

18. Quel est votre but professionnel ultime ?
De devenir une directrice événementielle et avoir ma propre boîte de Events and Catering a Maurice.

19. Qu’est-ce qui vous manque le plus de l’île Maurice ? 

Ma famille bien entendu. Et comme beaucoup de Mauriciens, notre gourmandise préférée, les dholl puri…

20. Auriez-vous pu atteindre votre plein potentiel si vous étiez restée à Maurice ? 

Clairement, non.